La chronique de Cronos:Une histoire de poudre

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AINSI DONC, nous avons cette semaine encore eu notre lot de rebondissements dans les affaires du gouvernement. Une affaire chasse vite une autre. On ne parle plus des menaces du ministre flingueur. On ne parle presque plus des vacances de notre Premier ministre à Rodrigues. Par contre, la drogue et ses corollaires continuent à occuper les devants de la scène. Jeudi, devant la commission d’enquête sur la drogue, ce n’est pas un pavé qu’on a jeté dans la mare aux stupéfiants. C’est carrément le gros rocher trônant au sommet du Pieter Both qu’on a flanqué dedans ! Le Premier ministre serait à la tête du trafic de drogue !

Oui, dis comme ça, c’est énorme. Tellement énorme que cette affirmation d’un trafiquant est à prendre avec des pincettes. Cette histoire semble cousue de fil blanc : cherche-t-on à détourner l’attention du public, et des autorités, des requins et autres barracudas qui sillonnent nos eaux poudreuses ? En déviant les projecteurs sur ce bon Pravind ? Bon, il ne faut jamais jurer de rien mais de là à le peindre en Don Vito Corleone, c’est un peu gros. Il faudrait maintenant que le caïd arrive à soutenir le bienfondé de ses accusations. Attendons voir.

Ce qui reste intéressant par contre, c’est le nombre de personnes dans l’entourage du PM qui seraient plongées dans les affaires de toutes sortes. Sans préjuger des décisions de justice, on doit reconnaitre que ça commence à faire un peu désordre pour le leader orange. Mais comment peut-il mettre de l’ordre dans son parti quand il a lui-même dédouané certains dont les noms reviennent souvent au-devant de la scène ? Sans oublier l’épée de Damoclès qui est suspendu audessus de sa propre tête ! Ce bon Raj, qui ne voit plus la vie en rose depuis son carton rouge, doit se poser des questions : pourquoi lui a-t-on fait voir de toutes les couleurs ? «Why me ?»

Au-delà de tout ce mélodrame politicomédiatique, il ne faut pas qu’on oublie que le peuple continue, dans sa grande majorité, à manger son pain noir. Quotidiennement. Les coups de massue des augmentations ont déjà assommé beaucoup de Mauriciens. La récente majoration du prix de l’essence et du diesel n’arrange pas les choses. On parle du prix du pain qui risque de prendre la tangente. Et tout cela va certainement avoir un effet boule de neige sur d’autres produits de consommation. Bref, nous sommes dans un climat socio-économique où le «feel good factor» se réduit de plus en plus comme peau de chagrin.

Pendant ce temps, il est clair que le Metro Express est sur les rails. Métro ou tramway d’ailleurs, là n’est pas la question. Inutile aussi de dire que les défenseurs du métro léger aujourd’hui sont les mêmes qui avaient dénoncé ce projet, avec virulence, juste avant les élections de 2014. Inutile aussi de dire qu’on aurait pu prendre cet argent et investir dans un meilleur réseau routier pour l’ensemble de l’île. Dans une modernisation de notre flotte d’autobus ou dans des routes uniquement dédiées aux bus. 

Tout aussi inutile de dire qu’il y a des projets prioritaires comme l’eau 24/7, un toit pour tous, la création d’emploi, des solutions pour le système de santé publique et pour les victimes du crash de la BAI, la préservation du patrimoine qui fout le camp, le renforcement du «law and order», la consolidation de la démocratie et de la justice sociale, des lois sur le financement des partis politiques, sur le «Freedom of Information», et sur d’autres sujets d’importance nationale. 

Non. Et c’est inutile de dire que la drogue prend de plus en plus d’ampleur dans le pays (tiens donc !). Inutile de dire que la police doit avoir tous les moyens pour combattre ce trafic. Sans aucunes ingérences. Non. Il ne faut pas le dire. Sinon on est traité de «rétrograde» et de «passéiste». 

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