Les effets décisifs d’une élection partielle

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Le député Roshi Bhadain a déclaré qu’il démissionnera de l’Assemblée nationale, la semaine prochaine. Cette annonce suscite débats et spéculations. Des internautes souhaitent que l’élection partielle qui s’ensuivra soit un match entre Bhadain et la majorité gouvernementale. Judge dread est d’avis que «neither Mouvement militant mauricien (MMM), Mouvement patriotique (MP) or any opposition party should put a candidate in this election. It should be RB v/s a Mouvement socialiste militant (MSM)/ Muvman Liberater (ML) candidate». D’autres suggèrent un vote condamnant les politiciens issus des grands partis traditionnels, y compris Roshi Badhain. Ainsi, Junglee Toofan écrit : «The real message that Mauritians need to send to all these mainstream parties (and the wannabees like Reform Party) is that we are tired of them.»

Cependant, avant de se prononcer sur les enjeux d’une élection partielle à Belle-Rose–Quatre-Bornes, il convient de se pencher sur la démission contemplée du député Bhadain. Le parlementaire explique son éventuel retrait de l’Assemblée nationale par une volonté de contester l’introduction du Metro Express. Pourtant, le député avait bien avalisé ce projet quand il était au gouvernement. Des citoyens s’interrogent sur la sincérité de la démarche de Roshi Badhain. Par exemple, Adam l’interpelle : «You are just a hypocrite that is burning what he adored yesterday.»

L’opinion se demande si Roshi Bhadain ne serait pas en train de tenter un coup de poker en provoquant une élection partielle à laquelle il se présenterait. On sait que faire campagne dans l’opposition n’a jamais été chose facile et ces dernières semaines, le Reform Party a enregistré des défections notables. Des proches collaborateurs du leader ont pris leur distance de la politique active. Y a-t-il une manoeuvre ? Si Bhadain perd l’élection partielle, il en tirera les conséquences, mais s’il la remporte, il émergera comme un leader politique incontournable.

Les enjeux sont aussi importants pour les autres acteurs politiques. Les partis de la majorité gouvernementale doivent se faire du souci dans l’éventualité d’une élection partielle. Le gouvernement est à mi-mandat et son action ne semble pas avoir satisfait une grande partie de l’électorat. Une sourde colère a succédé à la désillusion exprimée régulièrement dans la presse, sur les ondes des radios et sur les réseaux sociaux. À noter aussi qu’à Belle- Rose–Quatre-Bornes, les deux élus de l’alliance Lepep ont changé de camp, alors que le troisième élu aux élections de décembre 2014 est en froid avec son parti, le MMM. Une défaite de l’alliance MSM-ML à une partielle signifiera pour l’équipe gouvernementale le début d’un chemin de croix qui prendra fin aux prochaines élections générales.

Paradoxalement, une élection partielle mettra en avant les divisions au sein de l’opposition. Il est entendu que le parti de Xavier-Luc Duval soutiendra Roshi Bhadain et que le Mouvement patriotique n’a pas d’ambition immédiate. Le Parti travailliste et le MMM, eux ne peuvent rater ce rendez-vous. Une victoire des rouges signifierait que l’électorat a passé l’éponge sur les frasques de leur leader et qu’ils sont à nouveau fréquentables. Le MMM, lui, devra démontrer que l’électorat mauve est revenu au bercail.

Une élection partielle à Belle-Rose–Quatre-Bornes permettra de redessiner les contours du paysage politique. L’électorat aura le choix : sanctionner le gouvernement ou lui donner un aval pour continuer son action. Il pourra aussi décider du leadership de l’opposition et déterminer quelle formation sera au premier plan pour être challenger ou allié potentiel du gouvernement. «Éleksion li pou enn primer pou désidé ki parti pou lokomotiv ki pou afront gouvernman an 2019», résume l’internaute Adam.

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