Pirates en l’air

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Se conformer pour marquer son opposition. Le signe de protestation des employés d’Air Mauritius a été de se normaliser : ils ont porté l’uniforme contre le limogeage de Megh Pillay ! Le grain de folie ? C’était un «casual Friday». Attention, ça se dévergonde ! Quelle bravoure, on applaudit ! Mais ce n’est pas original. Ils auraient pu se creuser les méninges. Par exemple, puisqu’ils ont été déshabillés de leur CEO, ils auraient pu venir nus, cela aurait été plus cohérent et aurait eu davantage d’impact. Ou alors en jeans troués, savates aux pieds, pour illustrer leur dénuement. Mieux, ils auraient pu inverser les rôles: les femmes habillées en homme et les hommes en femme, pour montrer que tout va de travers… Avec les moyens techniques à disposition, les salariés pourraient organiser des opérations spectaculaires pour crier «rann nou nou Megh Pillay». Prendre l’hélicoptère pour envoyer des tracts dans tout Port-Louis. Faire des ballets aériens avec les avions. Mettre la photo de Megh Pillay sur tous les écrans à l’aéroport… Aucune raison que les instigateurs de telles actions s’inquiètent des conséquences sur leur job, vu comme il est facile d’échapper à un comité disciplinaire à MK alors qu’on a un lourd dossier…Ils auraient également pu se déguiser en pirates. Après le sabordage, l’abordage ! Si l’on remplaçait le logo du Paille-en-Queue par une tête de mort ? Ça en jetterait dans les aéroports du monde entier.

L’idée des pirates devrait continuer à faire son chemin dans la population. En Islande, la terre des glaces (ici c’est plus la terre dégueulasse quand on voit tous les déchets jetés), un jeune parti, fondé il y a à peine 5 ans, est devenu la troisième force du pays en triplant sa présence au Parlement, avec 14,5 % des suffrages aux législatives du 29 octobre. Composé d’anarchistes, de hackers, de libertaires, de personnalités de la société civile et de mordus du web, le parti Pirates touche les jeunes et casse l’organisation traditionnelle du paysage politique. Les pirates profitent de la désillusion des électeurs face aux partis traditionnels, pris dans de nombreux scandales financiers et aux mains d’une élite consanguine. Cela ne vous rappelle rien? Des noms qui reviennent de père en fils, des scandales, de la corruption? Une mainmise des partis «mainstream»? Des politiciens plus cryogénisés dans le pouvoir que s’ils étaient pris par les glaces islandaises souffrant du réchauffement climatique ? «Nous montrons qu’il est possible d’éviter Le Pen ou Trump. Il suffit de sepréoccuperdes gens qui se sentent oubliés et depenser en dehors des cadres», déclare au Monde Birgitta Jonsdottir, la capitaine des pirates. Les principes que défend le parti : la promotion des droits civils, le droit à la vie privée et à l’autodétermination, la transparence de l’information, la démocratie directe...

Dans notre île, comme nous sommes un peu plus timorés et que cela colle davantage avec notre passé surcoufien, créons le parti Corsaires. Voix entendues sur les réseaux sociaux (le parti pirates en Islande a aussi été surnommé «parti Facebook»), jeunes, fatigués des politiciens dont on ne sait même pas si ce sont eux qui nous dirigent ni qui tire les ficelles du string par le derrière… à l’assaut ! Créons une nouvelle force qui nous sorte de nos trois partis obligés de s’allier pour gagner. Sinon, la période des vaches Megh promet de durer…

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