Chassé comme un Pokémon

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C’est bientôt l’été, attachons-nous à être aérien, même sur des sujets plombants. Considérons celui-ci : la solution trouvée par ce gouvernement pour redresser le pays. Sa méthode ? Copier ce qui marche ailleurs. Quelle est la seule chose qui marche en cette période où tout s’effondre comme un pauvre gato labou sans vigueur ? Une activité vieille comme le monde remise à la mode par des bestioles nippones ni très sexy : la chasse.

Ne faites pas celui qui ne voit pas à quoi je fais allusion. Depuis deux ans, Rawat Go, l’appli-Lepepie qui plie BAI fait un carton. Ces jours-ci, vous avez forcément entendu parler de la pokémonade à Air Mauritius. Comme tout le monde, vous vous êtes dit spontanément : «Il a dû en faire des conneries pour être chassé comme un malpropre.» Et comme tout le monde, vous avez fini par comprendre la faute de M. Pillay : on ne touche pas aux chasses gardées.

Pourtant, on chasse à peu près tout de nos jours : la chauve-souris, le Raj Dayal, le CPE. Seulement voilà, des proies restent intouchables. Je ne reviens pas sur le fond de l’histoire, tout a été dit. Ce grand déballage, du reste, est assez déroutant. Je ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais plus je lis des choses sur cette affaire, plus j’hésite : on parle de la compagnie nationale d’aviation ou d’un aéroclub de barbouzes ?

Le tandem Suddhoo-Maunthrooa a donc eu la peau du directeur. Et qui va à la chasse fait des crasses. Croit-on que M. Pillay s’en fâche ? Du tout. Appréciez la retenue tout en jargonnage de celui qui vient de passer par-dessus bord : «Nous avions des divergences très profondes de notre compréhension respective de ce qu’est la bonne gouvernance d’une entreprise.» Ô bonheur des euphémismes ! Ô alléchantes perspectives d’un grand déballage estival ! Derrière les sobres paroles, derrière les dignes allusions, on entend déjà le fracas des révélations à venir. Banal gaspillage ou croustillante crapulerie ?

Mais ce qui nous frappe, derrière tout cela, est plus général. On ne se rend jamais assez compte combien des «passagers» de ce gouvernement sont surclassés. Vous me direz, l’inverse est vrai aussi. Voyez notre Premier ministre. Hier encore, on lui aurait confié sans mollir le commandement d’un bataillon de bombardiers. Aujourd’hui, ses propres ministres le verraient davantage steward sur AirAsia X, et encore. Et ça, quand même, ça fait de la peine.

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