Collectivités locales : «Corruption» aux conseils de district : l’ICAC s’en mêle

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Un conseiller de Rivière-du-Rempart qui réclame un pot-de-vin à un entrepreneur contre l’octroi d’un permis. C’est ce qu’on peut entendre dans une bande-son qui circule. Le conseil de Pamplemousses est aussi concerné par ce genre de pratique.

Devoir s’acquitter de Rs 100 000 à Rs 1 million auprès d’un conseiller pour obtenir un Land Use Permit. L’Independent Commission against Corruption (ICAC) s’attaque à cette pratique véreuse qui serait courante dans le Nord. Après plusieurs lettres de dénonciations concernant des maldonnes sur l’octroi de permis, l’instance a ouvert une enquête. Selon nos informations, l’ICAC a pris contact avec le conseil de district de Rivière-du-Rempart pour avoir accès à certains documents. Notamment les procès-verbaux des réunions du Building and Land Use Permits Committee de ces dernières années.

Le conseil de district de Pamplemousses n’est pas en reste. L’enquête pourrait concerner certains conseillers ayant accepté des pots-de-vin pour faire avancer des demandes de permis.

Ainsi, la circulation d’un enregistrement audio depuis quelque temps a eu l’effet d’une bombe au sein des deux conseils. Sur cette bande sonore dont l’express a une copie, on peut notamment entendre un conseiller de Roches-Noires réclamer Rs 150 000 à un entrepreneur ayant fait une demande de permis de construction.

Une somme qui aurait été partagée entre plusieurs conseillers. Car lors de cette conversation téléphonique, il cite le nom de deux de ses collègues comme bénéficiaires. Si l’enregistrement audio remonte à plusieurs mois, une source au conseil de district de Rivière-du-Rempart affirme que cela illustre parfaitement les pratiques de corruption qui ont cours depuis belle lurette.

La polémique enfle également sur la construction d’un emplacement commercial à Rivière-du-Rempart qui est entachée par des soupçons de corruption. Dans ce cas précis, il s’agit d’un montant Rs 125 000 qui aurait été payé pour l’obtention des autorisations nécessaires. Sauf que, d’après nos informations, le bâtiment a été érigé sur une «state land» et le promoteur n’a pas prévu l’aménagement de parkings, comme l’exigent les règlements.

Depuis plusieurs mois, les récriminations se sont multipliées contre ces conseillers «véreux» qui exigeraient entre Rs 100 000 et Rs 1 million pour l’octroi d’un permis de construction. Ainsi ces derniers n’hésiteraient pas à soutirer de l’argent non seulement aux «petits entrepreneurs» mais aussi aux gros promoteurs pour des projets de développement. Dans ces cas, le montant des pots-de-vin peut varier de Rs 600 000 à Rs 1 million.

Avec le nombre grandissant de projets hôteliers et de développement foncier dans le Nord, ces pratiques ont augmenté, observe un ancien président du conseil de district de Rivière-du-Rempart. Il déplore d’ailleurs l’absence de garde-fous pour prévenir ces cas de corruption au sein des collectivités locales. «Le Building and Land Use Permit Committee doit rendre des comptes. Actuellement, la loi, notamment la Local Government Act, ne prévoit rien à ce sujet.»

En attendant les investigations de l’ICAC, le bureau du Premier ministre a été averti de ces agissements par des élus de la région. D’ailleurs, Sudesh Rughoobur, député du no 6 (Grand-Baie– Poudre-d’Or), a déjà prévu pas moins de quatre questions sur les conseils de district de Rivière-du-Rempart à la rentrée parlementaire. Il souhaite notamment avoir plus d’informations sur la composition du Building and Land Use Permit Committee ainsi que le nombre de conseillers interdit de leurs fonctions suivant des allégations de corruption durant ces cinq dernières années.

 
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