Zones résidentielles à Quatre-Bornes : Quand les maisons sont converties en bureaux

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Un phénomène particulier se produit dans les villes depuis quelques années. Des maisons sont transformées en bureaux et envahissent peu à peu, l’espace initialement dédié à la vie résidentielle. Résultat : circulation dense dans les rues, voitures mal garées ou encore fréquentation excessive.

&nbsp Des bureaux dans lesquels les employés se sentent presque chez eux. C’est le cas de le dire lorsque l’on visite les entreprises qui ont choisi de d’installer dans de simples maisons qui se situées dans les zones résidentielles. Cependant, ce qui semble enchanter les entrepreneurs est loin d’être apprécié par les habitants de ces quartiers à résidence.

Lexpress.mu s’est rendu à Quatre-Bornes, à l’avenue Tulipe plus précisément, où des maisons à étage abritent des fois, deux ou trois petites sociétés. Et justement, Digiscan Ltd, Xcomm Development Software et Organisation Bureautique et Informatique (OBI) sont parmi ceux qui ont choisi de s’installer dans une maison à étage, dans cette avenue où résident de nombreuses familles.

Sheila Callichurn, directrice d’OBI, explique que sa société se trouvait à Port-Louis il y a deux années de cela. Elle a choisi de venir dans un quartier résidentiel à Quatre-Bornes parce que le loyer y est beaucoup plus abordable, surtout pour les petites sociétés.

«A Port-Louis ou en plein centre-ville, louer un bâtiment peut vous coûter plus de Rs 50 000 par mois. Ce n’est pas évident pour les petites sociétés. Mais en ce moment, non seulement nous sommes plus tranquilles mais nous ne payons que Rs 30 000 par mois, pour un plus grand espace occupé », explique-t-elle.

Et comme Sheila Callichurn, d’autres entrepreneurs ont également choisi d’investir les maisons à louer. Plus loin, à Quatre-Bornes, à la rue Bernardin de Saint-Pierre, c’est le même argument qui est avancé, le loyer est beaucoup trop élevé en centre-ville, dans les immeubles.

La société Ecosystem, spécialisée dans le commerce de produits de soins bio se situe au rez-de-chaussée d’une petite maison. Le propriétaire habite à l’étage. Sinclair Surrette, directeur de la branche mauricienne d’Ecosystem, affirme qu’il paie désormais la location de cet espace à Rs 10 000 contre Rs 35 000, il y a deux ans de cela, quand son bureau se situait près de l’hôpital Victoria.

«Le montant du loyer était insoutenable pour la société. Je n’emploie pas beaucoup de gens puisque nous ne nous occupons que des frais administratifs et ne recevons pas de clients. Du coup, cela nous arrange de payer le loyer moins cher », soutient-il.

Un peu plus loin, nous arrivons devant une agence de voyage très connue, qui a, elle aussi, élu domicile dans une maison. «Nous occupons cette maison depuis 11 ans. Elle n’était pas aussi grande, le propriétaire a décidé d’agrandir le bâtiment et nous sommes restés ici », indique l’un des quelque 70 employés de cette société.

Toutefois, cette solution trouvée par les petites sociétés pour payer le loyer moins cher, ne semble pas faire l’unanimité auprès des citadins. Les habitants de ces quartiers résidentiels n’accueillent pas l’idée avec beaucoup d’engouement.

Un de ces habitants accepte de témoigner sous couvert de l’anonymat. Il habite la rue Bernardin de Saint-Pierre, non loin du collège Lorette de Quatre-Bornes, depuis 1986. «Quand j’ai construit ma maison, il n’y avait pas tout ce commerce. Nous étions tranquilles. A présent, il y a toujours un trafic très dense. A la sortie des classes, c’est pire. Il y a des voitures, des étudiants et même des bus d’école », affirme le retraité.

Les places de stationnement, une autre source de stress chez les citadins. Sinclair Surrette d’Ecosystem affirme qu’à plusieurs reprises, il a eu besoin de l’intervention de la police pour faire déplacer les voitures qui s’étaient mal garées devant son entreprise.

«Les clients de ces entreprises se garent n’importe comment et bloquent le trafic dans ce chemin. Ce qui fait que le chemin qui en est un à sens unique est toujours trop fréquenté », soutient-il.

Arianne Oxenham, la mairesse de Quatre-Bornes, est d’avis que ce phénomène dérange quelque peu certains citadins. « Si une personne recherche un endroit paisible dans un quartier tranquille et qu’il se retrouve, par la suite, à côté des espaces de bureau, cela provoquera, et je le comprends, une frustration », dit-elle.

« La municipalité de Quatre-Bornes a bien accordé un permis à ces personnes pour qu’ils puissent opérer, par exemple, dans la région de Sodnac. Cependant, nous voyons que cela risque de poser un problème à long terme », ajoute Arianne Oxenham, en précisant qu’elle espère voir des changements grâce aux nouvelles lois qui entreront en vigueur.

Cet invasion ne s’arrêtera pas&nbsp puisque le prix de la location des espaces bureaux en ville ne cesse de prendre l’ascenseur. Désormais, si les citadins souhaitent vivre dans la tranquillité, ils n’auront qu’à aller…loin des villes.

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