Zone économique chinoise à Riche-Terre : Début des travaux ce matin

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C’est aujourd’hui que se tient la cérémonie officielle qui donnera le coup d’envoi au projet de zone de commerce et de coopération Chine-Maurice.

C’est ce mercredi 16 septembre que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, assistera aux cérémonies de pose de la première pierre du projet Mauritius JinFei Economic Trade and Cooperation Zone, Co Ltd, à Riche-Terre Road, Terre-Rouge à 10h30.


Annoncé depuis 2007, le lancement a été maintes fois renvoyé et le projet a, depuis, changé de nom.

Dans un premier temps, le projet fut connu comme la Mauritius Tianli Economic and Trade Cooperation Zone. Et pour cause, elle devait être le projet d’un consortium d’investisseurs, mené par le Tianli Group of Companies. Mais la visite du président Hu Jintao en février dernier, précédé par celle d’une délégation de Shanxi, une des plus importantes provinces chinoises, a changé la donne. Le gouvernement chinois préférant privilégier une coopération d’Etat à Etat.

Nouveau mode de coopération, résultat nouveau nom également. En l’occurrence, la Mauritius JinFei Economic Trade and Cooperation Zone. JinFei signifiant littéralement Chine-Afrique. Le «nouveau projet» s’inscrit donc, plus précisément, dans le concept Chinafrique, principal moteur de la politique étrangère chinoise depuis quelques décennies.

Du coup, le portefeuille des investissements a aussi été modifié. Tianli n’est plus le principal investisseur. C’est la compagnie publique de Taiyuan Iron &amp Steel Co Ltd qui prend la main, en partenariat avec le Shanxi Coking Coal Group. Le Tianli Group of Companies n’est plus qu’en troisième position en termes d’investissement. Ce consortium sera, par la suite, rejoint par le fonds d’investissement public chinois dédié à l’Afrique, le China Africa Development Fund.

Mais, malgré ce qui pourrait être qualifié de retard accumulé, le Board of Investment (BOI), qui avait la responsabilité de faciliter la réalisation de ce projet dans les délais convenus, affiche la satisfaction. «Depuis que la nouvelle configuration a été mise en place, les choses ont bougé beaucoup plus rapidement que pendant ces deux dernières années. Cela démontre aussi la volonté des deux gouvernements de réaliser ce projet malgré la crise économique», affirme Raju Jaddoo, le président du BOI.

Une aubaine pour Maurice?

Cette zone économique, qui occupera une surface de plus de 500 arpents (211 hectares), a été présentée comme le plus grand projet jamais réalisé à Maurice et impliquera des investissements de l’ordre de plus Rs 22 milliards ($ 730millions). Si le nombre d’emplois qui sont créés se situe entre 30 000 et 42 000, il est difficile, à ce jour, de dire avec précision le nombre de Mauriciens qui seront employés sur la nouvelle zone économique de Riche Terre. Une chose est sûre, la grosse majorité des emplois créés sera réservée aux ressortissants chinois.

Le manque de communication sur le Framework Agreement entre les deux gouvernements n’a pas non plus contribué à une évaluation efficace de ce que ce projet pourrait rapporter à notre pays. Mais ce qui est certain, ce que ces investissements vont certainement booster les activités économiques locales en général.

Eric Ng, économiste et président de la Banque de Développement, estime, pour sa part, que même si on ne peut quantifier à ce jour l’effet de ce projet d’envergure sur notre économie, il sera définitivement conséquent.

«Si au niveau des emplois directs, il y a un manque de clarté, il y aura un certain nombre d’emplois indirects qui bénéficieront directement aux Mauriciens. Cela dit, en termes de devises étrangères et de transactions bancaires transfrontalières, l’apport sera plus qu’important une fois que le projet arrivera à son stade fonctionnel», affirme l’économiste.

Mais ce projet aura aussi des implications sociales et politiques. Il serait naïf de croire que de tels niveaux d’investissements n’aura d’influence que sur l’économie du pays. «Ce projet sera un comptoir de la Chine dans le changement des rapports de force au niveau des blocs économiques mondiaux. La question qui se pose est de savoir s’il y a eu une étude pour évaluer l’impact social, économique mais aussi politique de ce projet», souligne, de son côté, un observateur économico-politique.

Quoi qu’il en soit, débute, avec le Mauritius JinFei Trade and Cooperation Zone, une nouvelle ère dans les relations qu’entretient l’île Maurice avec ses principaux bailleurs de fonds.

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