Women in Politics : Jean-Claude de l’Estrac ramène les féministes à la réalité électorale

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Jean-Claude de l’Estrac est d’avis qu’il y aura moins de femmes candidates lors des élections générales 2010. Son intervention, lors d’un forum de Women in Politics (WIP), dans l’après-midi du 8 avril, a fait tiquer l’assistance.

Jean-Claude de l’Estrac, a quelque peu refroidi les fervents militants de la campagne «une femme candidate sur trois dans chaque circonscription» quand il a déclaré que tel ne sera pas le cas pour les élections générales du 5 mai prochain. C’était lors de son intervention au forum organisé par Women in Politics (WIP) dans l’après-midi du jeudi 8 avril à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes.

«Je vais être le rabat-joie de cet après-midi, car je pense qu’il y aura probablement moins de femmes candidates cette année. Puisque la campagne électorale se fait sur une période courte, les dirigeants des partis politiques, choisiront des candidats qui sont déjà connus et bien rodés dans les circonscriptions, des candidats qui ont déjà établi leur pédigrée», a&nbsp lancé&nbsp l’éditorialiste et président du conseil d’administration de La Sentinelle Ltd.

Le forum avait comme thème «Pourquoi les femmes ne peuvent plus attendre ?»,&nbsp Plusieurs intervenants ont expliqué pourquoi c’est maintenant le moment où jamais pour les femmes d’être davantage représentées en politique. Ces interventions ont été très applaudies.

Jean-Claude de l’Estrac, a été la seule voix discordante, mais il a ramené les membres de WIP à la réalité électorale du pays.&nbsp Evidemment, son intervention a suscité beaucoup de débats. L’intervenant a tenu à rappeler que si l’on veut arriver rapidement à la parité homme-femme au niveau de la représentation politique, il faut imposer le quota.

« A votre place, j’aurai réglé la question de quota au plus vite. J’aurai demandé aux partis politiques d e prendre l’engagement, dans leur programme électoral, d’amender la constitution ou la loi pour que les partis politiques aient obligation de respecter un quota aux prochaines élections», a proposé l’éditorialiste.

Il est d’avis, le quota est le seul moyen pour que les femmes soient plus présentes en politique. Sinon, c’est «en 2045», qu’elles pourront espérer avoir la parité, si l’on compte sur la volonté des partis politiques. «Il faut arrêter d’ergoter sur les avantages et les inconvénients des quotas. Seuls les quotas peuvent garantir une masse critique de femmes, qui pourront peser sur l’évolution de leur pays», précise Jean-Claude de l’Estrac.

Il rappelle d’ailleurs que le système de quota n’est pas un élément nouveau quand les partis politiques élaborent leurs listes de candidats. Ils le font déjà.

«Les dirigeants politiques procèdent à des calculs pour déterminer les candidats. Ils étudient combien sont Vaish, combien sont musulmans, combien sont de la population générale... L’application pratique de cette ethnicité est basée sur un système de quotas…», affirme Jean-Claude de l’Estrac.

«Si on est capable de faire un système de quotas pour des groupes représentant 3% de la population, donnez- moi une raison pourquoi on ne peut pas en faire de même pour un groupe représentant 50% de la population (les femmes) ?», s’interroge-t-il.

Pour que les partis politiques considèrent sérieusement les demandes des membres WIP, il suggère à cette organisation de faire pression. Il confie que le rapport de force est l’unique moyen de traiter avec les chefs politiques.

«Les partis politiques ne comprennent que les rapports de force… Vous avez un mois de campagne pour faire quelques démonstrations de force. Il faut sortir de cette accusation de mouvement bourgeois, intellectuel, de combats de salon pour essayer de manifester votre force dans la rue. Les potentiels candidats y sont actuellement», soutient Jean-Claude de l’Estrac.

Toutefois, il conseille aux membres de WIP de ne pas y aller si c’est pour faire une «manifestation de faiblesse». Si c’est possible WIP devrait réunir au moins 5 000 femmes dans une salle et s’adresser aux partis politiques en soulignant le nombre de femmes qui le soutiennent et les menacer d’en payer le prix aux prochaines élections s’ils ne prennent pas l’engagement d’introduire le système de quota.

Le discours de Jean-Claude de L’Estrac a fait tiquer l’assistance. Même s’il a semblé faire réfléchir certains, bien d’autres ont donné l’impression en prenant la parole, après son intervention, de rester campés sur leurs positions, convaincues que leur souhait d’un candidat sur trois dans chaque circonscription se réalisera lors des législatives 2010.

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