Women in Politics : « It’s now or never !»

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Plusieurs discours ont été dits en faveur de la présence de plus de femmes au Parlement, lors du forum de Women in Politics (WIP), dans l’après-midi du 9 avril, à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes.

Outre Jean-Claude de l’Estrac, Roukaya Kasenally, chargée de cours à l’université à Maurice (UOM), Honita Cowaloossur, détentrice d’une Licence en Sciences politiques et Paula Atchia, WIP Champion, étaient les trois autres invitées qui ont pris la parole.

«Une ‘inclusive society’ n’exclut pas 50% de ses citoyens, les femmes», affirme Roukaya Kasenally. Selon elle, c’est la nature même du système politique qu’il faut revoir «à travers des reformes et une nouvelle compréhension».

«Jusqu’à présent, les réformes électorales ont été ‘gender unfriendly’», dit-elle. Celle-ci est d’avis qu’il faut un agenda progressif pour qu’un candidat sur trois soit une femme.

Roukaya Kasenally croit fermement que le système de quota est le moyen de s’assurer qu’il y ait plus de femmes parlementaires. «Le système de quota doit être employé pour corriger le déséquilibre entre le nombre de femmes et d’hommes au Parlement. Une fois que cette tendance sera bien installée, on pourra l’enlever», soutient-elle.

Elle conclut en soulignant que «l’heure est propice» et que les femmes «en ont complètement marre» d’être sous-représentées aujourd’hui en politique. Il est l’heure que les femmes, et les citoyens en général, incitent les chefs politiques à prendre des mesures pour redresser cette situation.

De son côté, Paula Atchia pense également qu’il est l’heure ou jamais pour que le système politique change, pour faire plus de place aux femmes. «Les gens sont prêts. Ils ont été plus de 12 000 à signer notre pétition pour qu’un candidat sur trois soit une femme», déclare-t-elle.

Selon la WIP Champion, les dehors de la structure démocratique sont bons «mais son cœur est pourri». Les femmes peuvent et doivent changer cette donne.

«Il nous faut faire un lobby et le plus grand des lobbies, est celui des femmes. Il nous faut atteindre 33% de représentation féminine au Parlement pour avoir une masse critique. Ces femmes parlementaires ne travailleront pas uniquement sur des questions relatives aux femmes, mais aussi sur le ‘framework policy’. Les femmes doivent avoir leur mot à dire notamment sur les dépenses publiques, sur la corruption institutionnelle et le budget», souligne-t-elle.

Pour sa part, Honita Cowaloossur, a mis l’accent sur le fait que jusqu’à présent «l’empowerment» des femmes a été entrepris «mais avec des limites».

«Il semblerait que les opportunités données aux femmes se limitent qu’à les aider à vendre des légumes et fruits confits ou à se lancer dans l’artisanat. Si c’est cela l’empowerment, c’est du bluff !», ironise-t-elle.

Sur le préjugé que certains ont que les femmes ne sont pas douées pour faire de la politique «parce qu’elles ont des cœurs tendres», elle convient qu’en effet, c’est le cas, mais ne constitue pas forcément une faiblesse. Car le giron politique aurait besoin de la sensibilité des femmes. De plus, elle fait ressortir que les femmes sont plus douées qu’on ne l’imagine : «elles ont un pouvoir de persuasion très connu, ce qui est essentiel dans les négociations».

«Mais après tout, pourquoi cette nécessité de justifier l’entrée des femmes en politique ?», sera le mot de la fin de cette licenciée en politique.

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