Vient de paraître : Le passage obligé d’Ashvin Dwarka

Avec le soutien de

Le premier roman d’Ashvin Krishna Dwarka lui a valu le prix Jean Fanchette 2013.

Premier roman, premier prix. Comme quoi, il suffit de s’ennuyer ferme en étudiant le droit pénal, en étant inscrit au barreau de Paris, pour qu’un notaire, Ashvin Krishna Dwarka, se transforme en lauréat du prix Jean Fanchette 2013. S’il a obtenu la palme depuis juin l’an dernier, circonstances et calculs font que c’est au début du mois seulement, que Le neuvième passage Sic moriuntur Ismailiae a été dévoilé. Un thriller dont on savait seulement, jusque-là, qu’il avait été comparé à des « monstres » de la littérature (dans le bon ou le mauvais sens): Le nom de larose d’Umberto Eco, Dan Brown et Thomas Harris, auteur de Le silence des agneaux.

Le sourcil à peine levé, Ashvin Krishna Dwarka n’accepte pas si facilement les analogies. « Umberto est un maître. Il vole très haut, je ne dis pas que je ne m’en estime pas digne. Je ne le mérite pas. La comparaison avec Thomas Harris est celle qui me touche le plus. Son écriture est extrêmement raffinée et ses personnages sont inoubliables

Temps d’arrêt pour Dan Brown. L’auteur est avant tout notaire, peser les mots est chez lui une obligation professionnelle. « Sinon,il y a toujours un avocat pour les utiliser contre moi.» « Dan Brown révèle des secrets inventés. Les miens sont tout à fait vérifiables. Je suis très précis dans tout ce que je fais ».

Meurtres en série

Rigueur dans la description des meurtres en série sur lesquels, enquête l’inspecteur Bruce Dorian. L’allusion au Dorian Gray d’Oscar Wilde est franchement assumée dans le thriller. Le tableau qui accuse les vicissitudes du policier britannique, avec un diplôme en histoire, parachuté dans la brigade criminelle à Paris après avoir commis une bavure, ce sont des meurtres en série commis de nos jours à la manière de l’Inquisition.

L’exercice de style est, pour Ashvin Krishna Dwarka de poser des mots sur l’innommable. Pour restituer avec froideur les cuisantes douleurs des chairs de l’empalé, de l’écartelé, de l’emmuraillé, du torturé à qui l’on fait cracher son âme en faisant couler son sang. Pour un résultat convaincant. Le lecteur est pris dans l’atmosphère oppressée d’une enquête qui tourne en rond. Il est plongé dans la lumière bleutée du bureau d’un commissaire aveugle (comme la justice) et d’un préfet borgne. Le lecteur, comme l’enquêteur cherche. À deux niveaux. Qui a tué ? Quels sont les indices semés par l’auteur ? Sauf que même au bout de plus de 450 pages – d’un roman qui en compte 549, le lecteur ne trouve pas. C’est dire si la mécanique est huilée.

Et dire que ce thriller, adoubé par Jean Marie Le Clézio, prix Nobel et président du jury du prix Jean Fanchette, ne devait pas voir le jour de sitôt. Écrit en six mois, en 2004, après six mois de recherches, la réalité avait fini par prendre le pas sur la fiction. Examens de notaire, naissance des enfants etc avaient relégués. Le neuvième passage au second plan. « Je m’étais dit que ma fille le publierait sous son nom quand elle aurait 18 ans .» Mais c’était avant de tomber sur un entrefilet annonçant le prix Jean Fanchette 2013.

Publicité
Publicité

Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires