Trou-aux-Biches: la plage suffoque

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Il est désormais rare d’avoir un centimètre carré de plage libre à Trou-aux-Biches parmi les nombreux transats et activités de plaisance qui y ont fait leur apparition. 

«Nepli ena plas, pou bizin camp lor pie biento !» Transats, marchands ambulants et activités nautiques, entre autres, ont envahi la plage publique de Trou-aux-Biches. Ce qui n’est pas au goût de certains usagers. D’autres, eux, estiment que ce développement était «inévitable».

Autrefois une plage tranquille et peu fréquentée, elle a aujourd’hui pris des allures de foire. À l’instar de Flic-en-Flac et de Mon-Choisy. La plage publique de Trou-aux-Biches a été propulsée à l’avant-plan avec la construction du restaurant du pandit Sungkur. Développement oblige, transats, marchands ambulants et activités de plaisance font dorénavant partie du décor.

Ce qui provoque la colère de ceux venus en pique-nique et des habitants de la région. Désormais, parachute ascensionnel, ski nautique, pédalo, planche à voile, bouée-banane, entre autres, sont proposés aux Mauriciens et aux touristes sur cette petite plage et dans le lagon.

Ces changements, un skipper de Trou-aux-Biches les accueille «très mal». «D’un côté, il y a le restaurant et, de l’autre, les transats. Il n’y a même plus de place pour camper. Bisin campe lor pie !» Selon lui, la situation est pire pendant le week-end. «Pena plas. Al devan lotel sekirite galoup deryer nu. Kot pu ale ?» se demande-t-il.

Même les loueurs de transats s’y mettraient, reprochant à ceux «ki tap ravann» de déranger les clients. Pour être plus au calme, c’est mieux de revenir le soir, indique le skipper. Avis partagé par un habitant de Floréal, accompagné de son épouse et de sa fille. «Piknik nepli kapav fer. Zot business pe marse me nu nepli lib. Sanzman bizin dan limit e non pa nwir a lezot dimun», fait-il ressortir.

Un marchand de nouilles se plaint, lui, d’un manque de parking. Selon lui, les voitures se garent n’importe où. «Bizin sanzman prop. Masinn pass partou. Lontan la plaz la ti pli bon. Pat ti ena sa kantite aktivite la», déplore-t-il.

Même constat d’une habitante de The Vale qui travaille dans les environs. «Mo bizin fer letour pu resi gayn enn parking», souligne-t-elle. Elle déplore aussi l’envahissement de la plage par les marchands ambulants. «Ou nepli envi al lor la plaz mem pu enn ti moman.»

Toutefois, pour Krishna Indoo de Blue Ocean Ltd, ce développement était inévitable. Ainsi avec l’arrivée des touristes, cet endroit «un peu sauvage avant et peu fréquenté» a dû évoluer. «Il y a une grande demande d’activités pour les Mauriciens et les touristes. Ces derniers veulent voir du changement, affirme-t-il, pa kapav res dan nu pirog ek nu la voil.»

Un autre habitant de Trou-aux-Biches abonde dans le même sens. Lui qui connaît cette plage depuis 15 ans, avoue qu’il gagne sa vie grâce aux touristes. «Mo papa ti marsan la plaz. Touletan inn travay ar touris. Tourism se enn sekter importan. Dan plass vinn moris zot pu al Thailand ou Seychelles. Bizin donn zot sa bann activite la», souligne-t-il.

D’autre part, pour un marchand de plage qui opère depuis 40 ans, ce changement vise à faire plaisir aux clients qui apprécient ces activités et facilités. Et les nombreux touristes réunionnais rencontrés sur la plage ne nous diront pas le contraire. «Les enfants s’amusent. Ils aiment profiter des activités», lance une Réunionnaise, assise à l’ombre des filaos.

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