Transplantation rénale made in Mauritius

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A la mi-décembre 1980, le défunt Cernéen annonce à la une : ?Un grand événement chirurgical? Première transplantation rénale jamais réalisée à Maurice? Le receveur (un jeune homme âgé de 20 ans) et le donneur se portent bien? Mission accomplie pour les docteurs Mahen Modun et Marcel Li Sung Sang?. Le malade souffre, depuis 1975, d?une grave affection rénale. Un rein, offert par un proche, changera en mieux sa vie. L?opération se déroule à la Clinique Mauricienne, créée par Sir Edgar Laurent, à Réduit. La transplantation est l?oeuvre du néphrologue (un spécialiste de la physiologie et de la pathologie du rein) Marcel Li Sung Sang et par l?urologue (un spécialiste des affections des voies urinaires) Mahen Modun. Ces deux Mauriciens ont longtemps travaillé ensemble à la National Renal Unit d?Irlande et y ont effectué, avec succès, plusieurs transplantations rénales. Ils rentrent à Maurice, en 1980, avec tous les équipements et les médicaments permettant ces opérations de nature si délicate. L?opération dure plus de quatre heures. Normalement elle s?effectue par deux équipes de spécialistes, l?une s?occupant du donneur et l?autre du receveur. Même avec deux équipes, il arrive qu?elle dure plus de six heures. Le personnel paramédical de la Clinique Mauricienne est d?une grande aide à nos deux spécialistes. Les Drs Modun et Li Sung Sang expliquent qu?ils ont tenté cette première chirurgicale pour deux raisons. La première est que le malade n?a pas les moyens de se faire opérer à l?étranger. La seconde, ils veulent prouver qu?ils peuvent réussir, à Maurice, ce qu?ils pratiquaient régulièrement en Irlande. Les analyses sanguines ont été effectuées en Afrique du Sud. Elles établissent la compatibilité à 100 % du transfert d?organes entre le donneur et le receveur qui sont apparentés. Même avec une compatibilité à 100 %, le taux de réussite des transplantations rénales en Europe se situe entre 81 et 96 %. Il baisse encore quand le donneur est une personne décédée. Le phénomène du rejet ne signifie pas forcément la mort irrémédiable du receveur. Il peut être traité dans certains cas. Il peut se manifester à brève échéance comme il peut le faire après dix ans d?acceptation. Les Drs Li Sung Sang et Modun préfèrent effectuer localement des transplantations rénales. Les dépenses sont moindres. On dispose de davantage de temps pour effectuer les analyses sanguines et trouver des donneurs à 100 % compatibles. Entouré de ses parents et de ses amis, le malade récupère mieux dans son pays plutôt qu?au milieu d?étrangers à l?extérieur où la barrière linguistique est parfois insurmontable. Ils rappellent qu?une personne peut vivre normalement avec un seul rein. La recherche et les expériences scientifiques sont à l?honneur en cette mi-décembre 1980. Parallèlement à ce récit de première chirurgicale, la presse fait l?éloge de deux chercheurs de l?Université, MM. J. C. Li Sui Fong et M. K. Deepchand, qui parviennent à produire un concentré de protéines comestibles à partir de têtes et de feuilles de cannes à sucre. Leurs calculs établissent qu?on peut espérer une production annuelle de 7 500 tonnes de protéines et de 7 millions de litres d?alcool absolu ou encore douze millions d?alcool à 60 degrés. Ils présentent leur expérience dans le cadre de la conférence nationale sur l?énergie renouvelable. L?on ne sait, si à l?heure où nos revenus sucriers sont condamnés à être réduits de 33 %, à l?heure où le baril de pétrole dépasse les 70 dollars américains et visent allègrement le seuil des $ 100, la consommation chinoise aidant, notre secteur privé d?intellectualité et d?esprit de recherches trouvera l?énergie requise pour déterrer le rapport de MM. Li Sui Fong et Deepchand. Leur exposé suscite un vif intérêt en 1980 encore qu?ils font comprendre que d?autres études doivent être entreprises pour préciser si leurs recherches offrent ou non des possibilités rentables d?application commerciale et industrielle. Maurice Paturau se montre intéressé par cette étude et compte bien la suivre de près. MM. J. R. Harel et J. Maurakhan sont du même avis. Ce dernier parle même d?un possible break-through en matière de technologie agricole. Si l?application commerciale et industrielles de ces recherches s?avère rentable, Maurice pourrait importer moins de maïs et augmenter considérablement sa production d?alcool et d?électricité. La presse signale à la fois l?utilisation par MM. Li Sui Fong et Deepchand de procédés connus mais aussi l?absence totale ou presque de références scientifiques à ce sujet, ce qui pourrait confirmer le côté novateur de leurs recherches. A l?heure où nous pleurnichons à qui mieux sur la réduction de 33% de nos revenus sucriers, le gouvernement et le secteur privé pourraient être bien inspirés en demandant au MSIRI, au Research Council et à l?Université de Maurice de faire l?inventaire des rapports et autres exposés aussi valables que celui de MM. Deepchand et Li Sui Fong et qui dorment dans des tiroirs, alors que leur mise en application pourraient créer des emplois productifs et augmenter notre P.I.B. Mais une fois de plus, il ne s?agit que de la suggestion d?un simple journaliste. Que peut-il sortir de bon d?un simple article de presse, un rappel des événements d?il y a 25 ans de surcroît ?
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