Trafic de bois de rose : Bérenger s’interroge sur Duval, l’Adsu en mission à Madagascar

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Opposition et majorité se lancent des allégations relativement à la saisie de 174 tonnes de bois de rose à Port-Louis en juin 2011. Alors que le MMM et le MSM s’interrogent, la Brigade anti-drogue et anti-contrebande mène l’enquête dans la Grande île.

Quelle est l’identité de ce membre de l’Assemblée nationale mauricienne présumément impliqué dans le trafic de bois de rose entre Madagascar et la Chine ? Depuis la saisie d’une cargaison de 174 tonnes de ce bois précieux en rade de Port-Louis en juin 2011, la classe politique est en ébullition.

Majorité et opposition sous-entendent que quelqu’un dans l’autre camp s’enrichissait grâce à ce business. Ce, alors que le commerce de cette essence est interdit dans la Grande île. Après avoir questionné le Premier ministre Navin Ramgoolam au Parlement, le chef de l’opposition Paul Bérenger revient&nbsp la charge sur ce dossier.

Cette fois, il s’interroge sur le rôle du No. 3 du gouvernement Xavier-Luc Duval dans cette affaire. Ministre de l’Intégration sociale en juin 2011, c’est lui qui avait mis la puce à l’oreille de la douane mauricienne quant à la présence des six conteneurs de bois de rose en transit vers Hong-Kong.

Réunissant la presse ce samedi 26 mai 2012 dans la capitale, Paul Bérenger s’est demandé pourquoi l’ancien Premier ministre malgache Camille Vital a préféré contacter Xavier-Luc Duval au lieu de son homologue. Voire le ministre des Finances d’alors Pravind Jugnauth, responsable des services douaniers.

« A chaque fois qu’un dossier concernait le ministère de Pravind Jugnauth, Duval le contactait directement. Alors pourquoi cette fois-là n’a-t-il rien fait », s’interroge le leader du Mouvement militant mauricien (MMM). A ses yeux, il y a anguille sous roche et il va mener l’enquête « tout comme il l’a fait » pour l’acquisition de la clinique MedPoint par l’Etat.

Le leader mauve est revenu sur la Private Notice Question (PNQ) qu’il avait posée à Navin Ramgoolam le 15 mai. Il déplore que celui-ci ait accusé les autorités malgaches de « cover-up » dans cette enquête après que le Bureau d’indépendant anti-corruption (Bianco) ait démenti son information à l’effet qu’il détenait un enregistrement audio dans lequel un membre de l’opposition mauricienne discutait de cette cargaison spécifique.

Il trouve ainsi « ridicule » que Xavier-Luc Duval a décidé de réclamer l’aide de la Banque mondiale pour enquêter sur ce trafic. D’autant que la police mauricienne et la Commission anti-corruption mènent déjà une investigation autour de cette affaire.

Paul Bérenger trouve également « grotesque » le rôle de la télévision d’Etat dans cette affaire. Une équipe a été dépêchée à Madagascar rien que pouvoir diffuser au journal télévisé une déclaration de l’ancien Premier ministre Camille Vital sur les raisons qui l’ont poussé à prendre contact avec Xavier-Luc Duval suite à la PNQ sur le bois de rose.

Le Mouvement socialiste militant (MSM) a également abordé cette affaire à l’issue de son Comité central ce samedi 26 mai. Pravind Jugnauth, son leader, a qualifié Navin Ramgoolam de « menteur » par rapport à sa déclaration sur l’enregistrement audio que détiendrait le Bianco.

Alors que les politiciens se lancent des allégations, il s’avère qu’une équipe de l’Anti-Drug and Anti-Smuggling Unit (Adsu) mène une enquête discrète sur le terrain à Madagascar. Outre une opération pour remonter une filière de stupéfiants entre nos deux îles, les officiers ont eu pour instructions d’identifier le commanditaire de la cargaison des 174 tonnes de bois de rose ainsi que tous les intermédiaires.

Les renseignements, jusqu’ici, font état que l’épouse d’un ancien ministre est engagée dans ce commerce illicite. Le bois de rose saisi en juin 2011 avait été présenté comme du haricot sur les « bill of lading » et devait être dirigé vers les différents ports chinois à partir de Hong-Kong.

Depuis la saisie en rade de&nbsp Port-Louis, les autorités malgaches enchaînent les saisies. Mais Maurice demeure un port de transit selon l’ong internationale Global Witness et l’Environmental Investigation Agency (EIA) des Etats-Unis.

Dans un rapport datant de 2009, elles expliquent que faute de port en eau profonde, le bois est embarqué pour Maurice avant d’être acheminé vers la Chine et l’Europe.

L’une des compagnies maritimes qui assurent le transport est l’United Africa Feeder Line (UAFL), basée à Maurice. De janvier à avril 2009, elle était responsable de 80 % des exportations de bois de rose.

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