Trade Fee: des cliniques, pharmacies et supermarchés au bord du gouffre

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 Des commerçants rassemblés à la Place d’Armes hier, lundi 20 janvier, pour manifester contre l’augmentation du Trade Fee. 

«Avec les factures et les clients qui diminuent, comment est-ce qu’on va payer ça ? Comment on va vivre ? Pa pu kapav.» Ces propriétaires de supermarchés, cliniques et pharmacies s’élèvent contre la hausse du Trade Fee, disant faire face à des difficultés financières. Certains pensent même à fermer leurs portes.
 
«Les ventes sont déjà rares, l’augmentation du Trade Fee c’est la goutte de trop.» Des propriétaires de cliniques, pharmacies et supermarchés disent faire face à des difficultés financières avec l’augmentation du Trade Fee. Certains envisagent même de fermer leurs portes. Brandissant des pancartes, plusieurs personnes, dont des membres du Front commun des commerçants de l’île Maurice, de la Shop Owners’ Association et de l’Association of Estate Agents, ont manifesté contre cette hausse à la Place d’Armes, devant le Parlement, hier, lundi 20 janvier.
 
De leur côté, les mairies et conseils de district prévoient de percevoir plus d’argent grâce à l’augmentation du Trade Fee. Danen Beemadoo, maire de Quatre-Bornes, table sur une hausse de Rs 6 millions à Rs 7 millions. Les sommes prélevées passeront d’environ Rs 18 millions à près de Rs 23 millions. La mairie de Port-Louis prévoit, elle, de récolter autour de Rs 11 millions supplémentaires. Tandis que le conseil de district de Rivière-du-Rempart prévoit une hausse de budget de Rs 10 millions, menant à un total de Rs 40 millions approximativement.
 
«La patente des cliniques privées passe de Rs 25 000 à Rs 100 000. Cela représente une augmentation de 300 %. C’est inacceptable», martèle le Dr Dawood Oaris, qui est à la tête de l’Association des cliniques privées et de la clinique Chisty Shifa à Port-Louis. «Les petites cliniques ne font pas d’énormes profits. C’est difficile de payer Rs 100 000. Si cela continue, nous allons devoir fermer boutique.»
 
Le Dr Atmanandsingh Dinassing, propriétaire des cliniques St-Jean, à Quatre-Bornes, et Stella Maris, à Triolet, abonde dans le même sens. «Les deux patentes m’arrivent à Rs 200 000. C’est énorme, si rien ne change, je songe sincèrement à mettre la clef sous la porte.» D’autant que «plusieurs cliniques ont été mises en vente ces quatre dernières années».
 
Le Dr Dawood Oaris avance qu’il est quasiment impossible d’augmenter le tarif des chambres. «Du côté de l’assurance, nous nous heurtons à des barrières. Les patients également se font plus rares tandis que les salaires des médecins augmentent.» Il ajoute que l’État a augmenté les patentes sans préavis et que plusieurs propriétaires de cliniques n’étaient pas au courant. Le Dr Atmanandsingh Dinassing envisage, lui, une action en cour à ce sujet.
 
Le propriétaire d’une pharmacie de Quatre-Bornes indique qu’il cherche déjà un locataire pour le bâtiment dans lequel se trouve sa pharmacie. «Je suis propriétaire de la pharmacie mais j’ai décidé de la fermer, explique-t-il. Les ventes sont déjà rares, l’augmentation du Trade Fee c’est la goutte de trop.»
 
Même son de cloche du côté de certains propriétaires de supermarché. Reza Seeroo, propriétaire du Bon-Accueil Supermarket, explique qu’il est incapable de payer la patente, passée de Rs 15 000 à Rs 50 000. «Avec les factures et les clients qui diminuent, comment est-ce qu’on va payer ça ? Comment on va vivre ? Pa pu kapav», lâche Reza Seeroo qui ajoute que les supermarchés sont déjà forcés de baisser leurs prix pour être compétitifs. Quant aux commerçants, leur porte-parole, Raj Appadu a déposé une lettre, après la manifestation d’hier, au bureau du Premier ministre. Une injonction sera présentée en cour aujourd’hui.
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