Syrie :Al-Assad frappe toujours plus fort

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Le régime profite de l’inaction d’une communauté internationale divisée pour accentuer la répression, écrit Gérard Thomas dans le quotidien français ce jeudi.

L’impuissance des pays occidentaux et arabes à mettre un terme à la sanglante offensive du pouvoir syrien contre son peuple a, semble-t-il, permis au président Bachar al-Assad de durcir la répression, soutient l’auteur L’incapacité du conseil de sécurité de l’ONU à s’accorder sur une action collective a «encouragé le gouvernement syrien à lancer un assaut sans retenue dans le but d’écraser la dissidence», a estimé Navi Pillay, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Homs, capitale de la «révolution syrienne», a subi mercredi les bombardements les plus violents enregistrés depuis cinq jours. Au moins six civils auraient encore été tués dans la troisième ville de Syrie, qui a déjà payé un lourd tribut humain à son soulèvement contre le régime : depuis le 4 février, 300 personnes auraient péri sous les bombes.

« Les morts enterrés dans les jardins »

&nbsp«La situation est tragique», affirmait mercredi après-midi Hadi Abdallah, membre du Conseil de la révolution de Homs. Des gens sont «entassés dans les abris» et «les morts sont enterrés depuis une semaine dans les jardins, car même les cimetières sont visés par les bombes». Les Nations unies ont indiqué, pour leur part, que les forces syriennes avaient «vraisemblablement» commis des crimes contre l’humanité en réprimant depuis onze mois la contestation au régime, au prix de plus de 6 000 morts donnés par l’opposition. Des accusations immédiatement récusées par Damas.

Les forces syriennes ont également bombardé mercredi la ville de Hama et mené pour la première fois une opération dans le quartier de Barzeh à Damas, tout près du centre de la capitale.

Face à l’aggravation de la situation, la Ligue arabe avait annoncé dimanche qu’elle demanderait au Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution pour la formation d’une force de maintien de la paix arabo-onusienne conjointe pour superviser l’application d’un cessez-le-feu. «Une initiative compliquée» en l’absence de paix, selon Washington. D’autant que la Russie, alliée de Damas, et la Chine bloquent toute résolution condamnant la répression en Syrie. Ces deux pays ont d’ailleurs utilisé leur droit de veto à deux reprises au Conseil de sécurité.

Al Assad riposte sur le plan politique

Cependant,&nbsp le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré que les pays occidentaux renégociaient la formulation d''''une résolution sur la Syrie susceptible de rallier les suffrages de Moscou et de Pékin. Mais les Russes ont fait savoir qu''ils s''opposeraient à ce que le Conseil de sécurité "contribue à légitimer" un changement de régime à Damas. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Cui Tiankai&nbsp a pour sa part mis en garde le Conseil de sécurité contre les conséquences de "mauvaises initiatives". Il lui a demandé d''être "très prudent" et de faire preuve d''une "attitude très responsable".

Le projet de résolution auquel Pékin et Moscou ont fait échec le 4 février proposait d''exprimer le soutien de l''Onu au plan de la Ligue arabe, qui prévoit la mise à l''écart du président Bachar al Assad. Un texte similaire devrait être mis aux voix jeudi à l''Assemblée générale de l''Onu, dont les résolutions ne sont pas contraignantes

De son côté, le président syrien ne se contente pas de réprimer brutalement sa population. Il entend également riposter sur le plan politique. Il a ainsi décidé d''organiser le 26 février un&nbsp référendum sur une nouvelle Constitution, qui autorise le chef de l''Etat à effectuer deux mandats de sept ans. Des élections législatives seront organisées dans un délai de 90 jours après l''approbation de la Constitution.
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Sources : Libération &amp Reuters

Libration & Reuters

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