Sud sauvage: vert…ige assuré

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Profitons du Sud sauvage tant qu’il en est encore temps. Alors qu’un projet immobilier est annoncé à Bois Sec, lieu à haute valeur hydrologique, cette région de l’île à des beautés à couper le souffle. Toutefois, la question se pose. Pour combien de temps encore ?    

Le Sud sauvage. Un label réservé à l’île sœur ? Absolument pas. Notre île possède elle aussi son sud aux beautés à la fois saisissantes et proches de la Nature. Nous avons appris cette semaine qu’un pan de sud sauvage était menacé par un projet immobilier à Bois Sec. Le tout sur une superficie s’étendant des parages du parc national des Gorges de la Rivière Noire jusque dans les environs de Terracine, à l’entrée de Souillac.

Mais qu’est-ce donc que ce Sud sauvage ? Côté mer, il y a les paysages connus et appréciés pour leur force, qui touche à la rudesse. Une énergie qui ramène l’humain à ses proportions réelles, lui qui est si peu de chose à côté des vagues hurlantes qui s’écrasent contre le mur rocheux. Ensuite, le Sud sauvage c’est l’ouverture sur l’immensité. L’eau qui mouille nos rivages file jusqu’au pôle sud sans rencontrer beaucoup d’autres terres. Et on peut même se laisser aller à imaginer que le vent qui fouette les sens du côté de Gris Gris par exemple, vient tout droit de l’autre extrémité de la terre.

Et côté terre ? Le Sud sauvage devient alors plus mystérieux. Ses trésors se méritent. Il faut un homme de terrain pour lever un pan du voile. Ce guide, c’est Vela Gounden, conseiller du village de Souillac.

Il prend son temps avant de décider quelle surprise il va nous ménager. Lance le nom de Cascade Cécile. Pour mieux la voir, direction l’Exil par le chemin «Combo», chemin qui tire son nom de la forêt Combo. L’Exil, un nom qui parle de lui-même. Si l’Exil faisait partie d’un ensemble avec le domaine Andréa, les lodges de l’Exil sont aujourd’hui plongées dans le silence. On y trouve portes closes, et pas âme qui vive sur place. Situation d’autant plus propice pour faire le plein de vert.  

Devant nous, le vertige du vert. Des pentes au feuillage touffu, qui crient le vert sur tous les tons. Et où l’on distingue, parmi la forêt d’espèces, les bras si typiques de l’arbre du voyageur. On l’entend avant de la voir. La cascade joue à cache-cache. On se hausse sur la pointe des pieds, on se tord le cou, pour l’apercevoir. Chaque dix pas, elle a encore changé d’angle. Deux jets d’eau jumeaux et puis, un peu à part, une autre cascade qui tombe dans son coin. L’œil, toujours attiré par le vide, se fixe au point où l’eau tombe dans l’eau. On imagine ce que ce serait de sauter de cette cascade. Et tomber avec fracas dans le lac en dessous. On imagine ce que ce serait de faire une pause sur l’un des rochers noirs qui ourlent le bas de la cascade. Le froid de la saison rend le paysage encore plus frais.

C’est à regret qu’il faut s’arracher à la contemplation de ce paysage encore préservé. Allez, faisons encore un tour. Encore quelques pas et cette fois-çi, la perspective s’ouvre jusqu’à la mer. Décidément, il faut vraiment y aller.

Nous retraversons un sentier cahoteux entre deux les champs de canne. En route, dans les parages de Terracine, à l’entrée de Souillac, nous passons devant des serres d’anthuriums, un élevage de canards. «C’est là que commence Bois Sec», indique Vela Gounden. Un terrain en friche à perte de vue, qui selon le conseiller s’étend jusque dans les parages du parc des gorges de la Rivière Noire. «Ce qui nous a un peu chiffonnés c’est que le projet de golf et de villa se situe à 300 mètres d’une réserve naturelle. On parle d’une île durable. Du moment que vous enlevez les arbres pour mettre du béton, on est bien parti pour quelque chose de durable».                          

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