Secteur privé : ce que coûtera la compensation salariale aux patrons

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Des employés d’une compagnie BPO à la Cybercité d’Ébène. Selon la «Mauritius Employers’ Federation», il est impératif d’octroyer une compensation qui ne porte pas atteinte à la vulnérabilité fi nancière des entreprises locales.

Quel sera le montant accordé aux employés ? Une réunion présidée par le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval ce lundi 23 septembre devrait en donner une indication. Toutefois, quoi qu’il en soit, la note risque d’être salée pour les patrons et les entreprises.

 
Le quantum de compensation salariale à être accordé aux salariés du pays à partir de janvier 2014 sera probablement connu aujourd’hui, lundi 23 septembre, lors d’un comité technique présidé par Xavier-Luc Duval. Comme les années précédentes, le taux de compensation salariale sera indexé sur le taux d’inflation estimé à 3,7 % à la fin de décembre 2013. Une méthode que conteste le patronat en s’appuyant sur le fait que le taux d’inflation ne peut pas être le seul critère pour calculer le quantum de compensation.
 
«On ne peut lier la compensation uniquement sur la base du niveau d’inflation. Il y a d’autres facteurs à prendre en considération pour mieux comprendre les réalités économiques dans lesquelles les entreprises sont appelées à opérer aujourd’hui» explique Pradeep Dursun, directeur par intérim de la Mauritius Employers’ Federation (MEF). Un postulat qui est loin de faire l’unanimité au sein des fédérations syndicales. Celles-ci avancent que les salariés méritent mieux qu’un taux de compensation basé sur un taux d’inflation de 3,7 %. Les entreprises, insistent les syndicalistes, ont les moyens financiers de payer plus.
 
Pradeep Dursun rétorque que la MEF n’est pas contre le principe d’une compensation salariale. Toutefois, celle-ci doit être juste et raisonnable, dit-il, afin de ne pas porter atteinte à la vulnérabilité financière des entreprises locales. «Il faut savoir que la masse salariale dans le privé est de l’ordre de Rs 7,2 milliards par an et qu’un pour cent d’augmentation équivaut à Rs 700 millions pour ce secteur.» Par ailleurs, la MEF observe que la performance des principaux secteurs économiques est restée pour le moins modeste. Hormis le textile et le tourisme, qui vont afficher de meilleurs taux de performance en 2013, les autres secteurs économiques, dont les technologies de l’information et de la communication (TICs) et le secteur des services financiers ne connaîtront pas une forte reprise. Alors que le secteur de la construction poursuit sa phase de décroissance, avec moins de 7 % cette année. Toutefois, ce sombre tableau dressé par la MEF est loin de convaincre certains observateurs économiques. Les services financiers, disent-ils, afficheront un taux de croissance de 5,5 %. Avec notamment les banques réalisant des milliards de roupies de profit.
 
«Les banques ont des moyens financiers énormes pour payer beaucoup plus que le minimum légal proposé par le gouvernement», disent-ils. Certes, au-delà de la performance en dents de scie de ces secteurs économiques, il y a l’emploi à préserver. La création d’emploi a été insuffisante ces dernières années pour absorber les nouveaux venus sur le marché du travail. Avec le nombre de chômeurs passant de 48,300 l’année dernière à 49,800 en 2013, dont 50 % sont des jeunes ayant entre 16 et 24 ans. Ce qui fait dire à Pradeep Dursun que la fédération patronale a la responsabilité de concentrer son action sur ces nombreux jeunes qui sont désespérément à la recherche d’un emploi.
 
Autre facteur qui constitue une source d’inquiétude pour les opérateurs économiques est la faible productivité de l’industrie mauricienne. Alors que la masse salariale a augmenté de 4,7 % en 2012 et que les recettes mensuelles de grosses entreprises sont passées à 5,4 % l’année dernière (Rs 21,041 en 2012 contre Rs 19,967 en 2011), cela n’a pas été traduit par une hausse de la productivité. Au contraire, explique Pradeep Dursun, le coût unitaire de production a augmenté de 3,1 %, réduisant le coût de la compétitivité du pays. Entre les exigences syndicales et la prudence prônée par les opérateurs économiques face au quantum de compensation salariale, il reviendra au gouvernement de jouer à l’arbitre.
 
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