Sanedhip Bhimjee : Nouveau rythme

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Le danseur et chorégraphe d’Art Academy retrouvera la scène en février après une longue maladie. Ses séquelles sont à la fois physiques et artistiques.

Sanedhip Bhimjee était condamné. «On m’a dit que je n’avais plus que trois mois à vivre.» Une longue et douloureuse maladie le rongeait de l’intérieur. À un moment donné, se souvient le danseur et chorégraphe d’Art Academy, «je ne pesais que 45 kg». Un an après le début de la maladie – trois opérations et sept mois de traitements en France, plus tard – le voilà remis d’aplomb. Au point où, à 43 ans, il s’apprête à remonter sur scène.

Rendez-vous est donc pris le 21 février au Centre culturel Indira Gandhi à Phoenix. «Il y aura un spectacle pour accueillir le nouveau haut-commissaire indien, Anup Kumar Mugdal.Pour Anna (NdlR : sa partenaire Anna Patten) et moi, ce sera un retour aux sources. Pas de fusion. Nous présenterons un numéro de kathak pur, cela nous a beaucoup manqué». Pas de fusion ? Ses retrouvailles avec le style qu’il pratique depuis trois décennies n’empêcheront pas la présence sur scène, à ses côtés, d’Éric Triton et de Shakti Ramchurn, joueur de tabla du groupe Tritonik.

Outre la prestation scénique, Sanedhip Bhimjee exposera aussi ses tableaux, montera des installations ayant pour référence la Grande péninsule. Il montrera aussi ses créations vestimentaires inspirées de la tradition moghol.

Le mois prochain, Sanedhip Bhimjee retrouvera son fauteuil de membre du jury de l’émission télé Ti Mambo. Mais que d’heures sombres avant de remonter sur scène. La perte de poids chez le danseur est encore très visible. Les yeux verts d’eau ressortent plus ardents, de son visage. «J’ai l’impression d’avoir repris naissance», dit-il en se repassant le fi lm des événements. Ses premières souffrances commencent – il s’en souvient distinctement – le 12 janvier 2013. Le couperet tombe...

Tourbillon

Et même si Sanedhip Bhimjee affirme ne pas croire aux coïncidences, dans son malheur, un chirurgien – un ami marocain – s’est soudainement manifesté. «Il m’a dit‘ton problème n’est pas si grave.Viens en France, je m’occuperai de toi’.» L’éclatement d’un ulcère aura raison de ses hésitations. Il restera de mars à septembre à Paris, entre opérations et traitements. Passer sur le billard a entraîné une remise en question.

«Avant, tout ce que je faisais c’était pour ma carrière, maintenant je danse ma vie.» Le danseuret chorégraphe assène :«Je laisse tomber les batailles inutiles. Je n’ai plus envie de me mêler à des gens qui ne comprennent rien à l’art.» Déceptionqu’il traîne depuis que lesautorités ont refusé de financerun voyage lui permettantde présenter une création.Depuis, Art Academy a quitté les hauteurs de Mesnil pour Sodnac. L’école propose, outre les cours de kathak, du «dance for fun», des «art camps», des cours de tabla, et un cours de «personality enhancement».

«Dans le tourbillon de la vie, il ne faut pas oublier la fleur de lotus. La vie c’est la boue. Le lotus sort de la boue, mais une fois sorti, il ne laisse pas la boue le souiller ».Sanedhip Bhimjee n’oublie jamaisqu’il fait partie d’un tandem.«Maintenant, avec Anna, nous dansons oui, mais nous voulons surtout vivre

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