Rodrigues : Trois rassemblements dans un contexte politique agité

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Rentrée politique très animée à Rodrigues. Trois rassemblements sont prévus, ce dimanche 9 janvier, dans l’île. En effet, les principales formations politiques réunissent leurs partisans à des endroits différents pour une démonstration de force.

Trois rassemblements politiques ont lieu ce dimanche 9 janvier à Rodrigues. Ces rencontres prennent une signification particulière à la lumière des événements de ces derniers jours dans l’île. On se rappelle que le chef-commissaire, Johnson Roussety a été contraint à la démission après avoir été expulsé de son parti, le Mouvement Rodriguais (MR).

Le chef-commissaire ne jouissait plus d’une majorité à l’assemblée régionale et une motion de blâme, contre lui, avait été déposée par une des commissaires, membre du MR.

Le rapport des forces à l’Assemblée régionale de Rodrigues semble être en faveur du MR qui dispose de huit sièges, l’organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) compte six représentants. Quatre commissaires indépendants siègent à l’Assemblée régionale. D’une part, Johnson Roussety et son collègue Allan Ladd Emilien, qui ont signifié leur intention de rejoindre l’opposition, d’autre part Daniel Spéville et Arlette Perrinne-Bégué, deux dissidents de l’OPR qui ont pris leurs distances du parti minoritaire dirigé par Serge Clair.

L’Assemblée régionale sera bientôt appelée à désigner un nouveau chef-commissaire. Le Deputy Chief Commissionner, Gaëtan Jhabeemissur, est donné favori. C’est en raison de ce contexte particulier, que les rassemblements de ce dimanche prennent une importance certaine.

Le MR réunira ses partisans à Saint-François. Au programme : détente, fête et animation musicale. Toutefois, il ne faut pas sous-estimer la teneur du discours que prononcera Nicolas Von Mally, le leader du parti.

Johnson Roussety, lui, convoque ceux qui le soutiennent à Mourouk. Il compte y annoncer la création d’une troisième force politique avec objectif de présenter des candidats aux prochaines élections régionales.

Les dirigeants de l’OPR suivent avec intérêt la guerre fratricide à laquelle se livrent Roussety et Von Mally, deux figures de proue du MR. L’OPR appelle ses partisans à se retrouver à Gravier. Serge Clair, le leader du parti compte y donner le coup d’envoi de la campagne électorale pour&nbsp des élections régionales anticipées. A l’OPR, on est d’avis que l’Assemblée sera dissoute et les Rodriguais appelés aux urnes.

La qualité de la mobilisaton dans les différents camps sera un indicateur du mood de la population rodriguaise, après les événements qui ont secoué la scène politque, à la fin de l’année dernière, avec à la clé, le départ du chef-commissaire.

Les déboires de Johnson Roussety ont commencé quand il s’est fait remarquer, l’année dernière, après la présentation du budget 2011. Il avait alors fait une sortie contre le ministre des Finances. Selon lui, Pravind Jugnauth pénalisait Rodrigues en amputant le budget de certaines dotations destinées au développement de l’île.

Les relations entre le chef-commissaire et les autorités à Maurice se sont détériorées quand, à la fin de l’année, Johnson Roussety a été arrêté et traduit en justice pout répondre d’une accusation de trafic d’influence. La police agissait par rapport à une déposition consignée , il y a un an, par le secrétaire de l’Assemblée régionale. Ce dernier se plaignait que le chef-commissaire avait fait pression sur lui pour employer 200 personnes.

Johnson Roussety a été remis en liberté après avoir versé une caution et signé une reconnaissance de dette. Il a aussi été interdit de sortie du territoire. A partir de ce moment, la situation s’est envenimée. Johnson Rousety voit dans son arrestation une machination politique à laquelle aurait, selon lui, participé son leader Nicolas Von Mally, ministre de la Pêche et de Rodrigues.

Puis, les échanges sont devenus plus violents et, en fin de semaine, Roussety a été expulsé du MR. Son leader a demandé au Président de la Républqiue de le démettre de ses fonctions de chef-commissaire.

Par la suite, une motion de blâme contre Roussety a été déposée au secrétariat de l’Assemblée régionale. Le chef-commissaire a préféré démissionner avant même la réunion de l’Assemblée.

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