Rodrigues : Johnson Roussety d’accord avec Serge Clair pour des élections anticipées

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Le leader du Front Patriotrique de Rodrigues (FPR), et ancien Chef Commissaire de Rodrigues, Johnson Roussety, est du même avis que Serge Clair, leader de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR). Selon lui, il faut dissoudre l’Assemblée régionale et organiser des élections, car «Rodrigues va mal».

L’ancien Chef Commissaire lance un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour qu’il prenne ses responsabilités concernant Rodrigues. Selon lui, la dissolution de l’Assemblée régionale et l’organisation des élections relèvent de l’urgence parce que le climat social à Rodrigues est actuellement préoccupant. Ce pays a besoin d’une nouvelle assemblée régionale. Il l’a déjà dit à plusieurs reprises ces derniers jours.

«Rodrigues va mal, il y a un sentiment de frustration et de mécontentement généralisé dans le pays. Il ne faudrait pas que par la suite, quand la situation se rapprochera du désordre social en Egypte et Tunisie, que Ramgoolam vienne dire qu’il n’est pas responsable», prévient Johnson Roussety.

Dans ses propos, il semble être sur la même longueur d’ondes que le dirigeant de l’OPR, Serge Clair. Ce dernier a, lors d’un point de presse, le mardi 15 février, lui aussi réclamé une nouvelle fois la dissolution de l’Assemblée régionale et l’organisation des élections à Rodrigues.

L’OPR boycotte l’assemblée régionale parce qu’elle considère que le présent gouvernement régional n’est pas légitime. «Rodrigues n’a pas de direction, nous avons un gouvernement régional qui n’a pas eu la majorité. Le président de la République est venu pour la prestation de serment du Chef Commissaire. Mais c’est une insulte au président qu’un gouvernement soit allé chercher un transfuge afin d’avoir la majorité», a déclaré le leader de ce parti.

C’est aussi ce qu’explique le leader du FPR. «Il faut dissoudre cette Assemblée parce que le gouvernement qui dirige Rodrigues aujourd’hui, n’est pas le reflet de l’expression des votes lors des élections en 2006. Le gouvernement actuel n’est pas la majorité pour l’électorat», déclare Johnson Roussety.

Il accuse le leader du MR, Nicolas Von Mally, d’avoir fait croire qu’il avait 10 membres sur les 18, donc la majorité dans le gouvernement, alors qu’il avait, en réalité, que neuf membres. Le leader de FPR soutient que l’assemblée régionale est mal dirigée. Il dit qu’«il y a des choses inacceptables qui s’y font». Par exemple, dit-il, des dossiers confidentiels du gouvernement avec sa signature auraient été publiés dans le journal de Nicolas Von Mally. Il avance aussi que le MR est en train de maltraiter les gens qui travaillent dans le gouvernement.

Le FPR organisera une marche pacifique, le samedi 26 février, dans les rues de Port-Mathurin, pour réclamer la dissolution de l’Assemblée régionale et l’organisation d’élections.

«La dissolution de l’Assemblée régionale doit être ordonnée par président de la République, qui peut le faire n’importe quand, comme le stipule la section 3(6) du Rodrigues Regional Assembly Act. Le chef de l’Etat doit y procéder, selon les conventions, sur les conseils du Premier ministre. Donc, c’est au Premier ministre de prendre ses responsabilités», ajoute Johnson Roussety.

En tout cas, le leader du FPR se tient prêt pour d’éventuelles élections régionales. «Je suis un combattant politique. Nous allons travailler, mais notre parti a déjà une bonne assise», conclut-il.

Pour rappel, Johnson Roussety avait été arrêté par la Commission anti-corruption en décembre dernier pour abus de pouvoir dans le recrutement de 200 General Workers en 2009. Le parti auquel il appartenait à ce moment-là, le Mouvement Rodriguais (MR), et dont il était le numéro deux, l’a expulsé début janvier 2011. D’abord, parce que ce parti lui avait demandé de prendre un congé politique, qu’il a refusé. Ensuite, parce que les relations entre lui et le leader du MR, Nicolas Von Mally s’étaient détériorées.

Après la révocation de Johnson Roussety du MR, le parti risquait de perdre sa majorité à l’Assemblée régionale. Mais le soutien d’un ancien élément de l’OPR lui a permis de rester aux affaires. Gaëtan Jhabeemissur a alors prêté serment au poste de chef commissaire de Rodrigues, le 12 janvier 2011.

Johnson Roussety a, quant à lui, lancé un nouveau parti, le FPR, le 1er février 2011.

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