Repas chauds à l’école : Les failles du système

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Quatre cents parents en colère et une centaine d’élèves à l’hôpital. Le programme de distribution de repas chauds aux enfants des écoles ZEP a vite montré ses failles.

Cette affaire fait la une de tous les médias depuis jeudi. Plus d’une centaine d’élèves de la Bambous A Government School ont été victimes d’intoxication alimentaire après avoir consommé le repas chaud qu’ils reçoivent quotidiennement pour le déjeuner. Ce qui a provoqué la colère des parents – ils s’en sont pris au commerce du service traiteur et des interrogations sur les contrôles exercés dans le cadre de ce programme. Celui- ci, rappelons-le, introduit cette année suite au Budget 2013, est destiné aux élèves des écoles situées en zones d’éducation prioritaires ( ZEP).

Car la question que suscite cet incident est celle- ci : qui s’assure de la qualité des repas servis aux enfants ? Pour Vasant Bunwaree, il n’y a pas de doute. « Ce sont les associations des parents d’élèves qui ont la responsabilité de choisir le traiteur []]]]]…] » , a déclaré le ministre de l’Education à l’express , jeudi. « Ils ont également leur part de responsabilité dans ce qui s’est passé, même si je suis triste pour les enfants. »

PAS AU MENU OFFICIEL

Sauf que c’est bien le ministère de l’Éducation qui leur a délégué cette responsabilité. En fait, le 27 décembre dernier, le ministre de tutelle demande aux écoles de se charger de ce programme. Selon les directives, elles doivent en deux semaines, la rentrée étant pour le 14 janvier trouver un fournisseur pour assurer les repas chauds.

La décision finale revient aux maîtres et maîtresses d’école, qui supervisent une équipe composée de membres de la Parent- Teacher Association ( PTA). Aucun représentant officiel du ministère n’est présent lors de la sélection.

Une procédure qui se justifie, selon le service de communication du ministère de l’Education, car les membres de la PTA sont les plus proches de l’environnement scolaire et, donc, des fournisseurs locaux éventuels. Les analyses effectuées suite à l’incident de l’école de Bambous, jeudi, montrent que les enfants ont été contaminés par les oeufs du rougail d’oeufs consommé pendant la récré.

Et des parents avaient déjà rapporté ce même service traiteur pour avoir servi des dholl puri avariés aux enfants le mardi précédent.


Or, ni dholl puri ni rougay dizef ne figurent sur la liste de menus proposés par les ministères de l’Éducation et de la Santé. Un fait qui aurait dû être rapporté par les écoles au ministère de l’Education, car le personnel de l’école est censé vérifier la nourriture avant de la distribuer aux élèves...

UN CONTRÔLE PLUS RIGOUREUX

Depuis, le fournisseur de l’école de Bambous, Simla Sudon, propriétaire de Sim’s Snack, n’a plus le droit d’exercer. Les parents d’élèves ont tenté de saccager son commerce, jeudi après- midi. Et des sanctions seront prises à son encontre, à la fin de l’enquête en cours.

Entre- temps, pour calmer les esprits et s’assurer qu’un tel incident ne se reproduise pas, l’Éducation passe en revue les procédures entourant la fourniture des repas aux élèves. Ainsi, on « envisage sérieusement » de retenir les services de deux fournisseurs par école ZEP dont la population estudiantine est de 300 à 400. Une communication offi cielle devrait suivre sous peu.

Du côté de la Santé, le Conseil des ministres a pris note, vendredi, que l’inspectorat sanitaire augmentera le nombre de visites de contrôle chez les fournisseurs de nourriture aux élèves. Sollicité pour une réaction, Lormus Bundhoo, ministre de tutelle, affi rme que les offi ciers de l’inspectorat sanitaire ont contrôlé, en début d’année, avant la rentrée, tous les fournisseurs retenus.

Plusieurs d’entre eux ont reçu l’ordre d’améliorer les conditions d’hygiène de leurs locaux et un a reçu un Prohibition order , lui interdisant d’exercer.

Suite à l’incident de Bambous, l’inspectorat sanitaire adoptera le système HACCP ( Hazard Analysis Critical Control Point ), qui est une méthode de maîtrise de la sécurité des denrées alimentaires, élaborée aux États- Unis d’Amérique. La méthode HACCP permet une certaine vigilance en identifiant des étapes, dans toute la chaîne de production et de distribution de la nourriture, où il existe un danger de contamination. Les inspecteurs sanitaires recevront une formation et les équipements appropriés afin d’appliquer ce système, annonce le ministre de la Santé.

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