Relations PTr-MSM : Le Premier ministre pousse Pravind Jugnauth vers la sortie

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La messe est dite. Il n’y aurait plus d’avenir pour le Mouvement socialiste militant (MSM) au sein de l’alliance gouvernementale. Le Premier ministre ne serait pas disposé à faire des concessions à Pravind Jugnauth.

A mardi soir, Navin Ramgoolam aurait laissé comprendre à son entourage qu’entre le MSM et le Parti Travailliste (PTr), il existe désormais un fossé. Son communiqué du lundi 1er août était d’ailleurs une gifle à Pravind Jugnauth, même s’il a consenti à le rencontrer quelques heures plus tard, à Vacoas.

Il n’y aurait donc pas d’option de survie pour l’alliance MSM-PTr. Que Pravind Jugnauth&nbsp se décide à rester loyal à l’Alliance de l’Avenir ou pas, cela ne ferait ni chaud ni froid au chef du gouvernement.&nbsp Navin Ramgoolam serait prêt à accueillir au moins cinq membres du MSM au cas où ce parti songerait de s’allier au Mouvement militant mauricien (MMM).

Pour Navin Ramgoolam, trancher dans le vif plairait à ses sympathisants. Il démontrait qu’entre le PTr et le MSM, il existe une différence de cultures. Et qu’il n’acceptera pas de plier au chantage de Pravind Jugnauth.

Les différends entre les deux hommes portent surtout sur l’intégrité des institutions et des principes à respecter. Le chef du gouvernement n’a jamais cessé de souligner que, du moment qu’un de ses ministres est arrêté et inculpé, il doit se retirer. Et qu’au cas contraire, il trancherait.

Or, dans le cas Maya Hanoomanjee, elle s’est accrochée à son fauteuil de ministre de la Santé le vendredi 22 juillet. Bien qu’elle ait été remise en liberté conditionnelle ce jour-là relativement à l’enquête conduite par la Commission anti-corruption sur l’achat de la clinique MedPoint.

Navin Ramgoolam parti en mission à Londres le soir même, Pravind Jugnauth est, lui, rentré en catastrophe de Genève le lundi 25 juillet. Allant jusqu’à expliquer que « la situation est&nbsp grave » .

Pour remuer le couteau dans la plaie, même pas 24 heures après son retour dans l’île, Pravind Jugnauth a démissionné en signe de « solidarité » avec l’ex-ministre de la Santé. Tout comme les quatre autres membres de son parti, à savoir Showkutally Soodhun, Nando Bodha, Ashit Gungah et Leela Devi Dookhun.

Le leader du MSM justifie cette décision par le fait que Maya Hanoomanjee a subi une « injustice flagrante » de la part de la Commission anti-corruption.&nbsp

Il est allé plus loin : il a indiqué avoir demandé à Maya Hanoomanjee de ne pas se retirer tant qu’il serait absent du pays. Ce qui constitue, encore une fois, un pied de nez au mot d’ordre du Premier ministre.

Navin Ramgoolam est rentré le matin du lundi 1er août, Il a émis un communiqué dans l’après-midi, se disant respectueux de « l’intégrité » des institutions. Le mardi 2 août, Navin Ramgoolam a multiplié les rencontres avec ses lieutenants et plusieurs noms sont évoqués pour occuper les maroquins libérés par le MSM. Des backbenchers rouges, bleus et&nbsp d’éventuels transfuges oranges sont ainsi bien placés pour hériter de ces places. .

Au MSM, toutefois, à l’issue d’une réunion avec Pravind Jugnauth en fin d’après-midi d’hier, personne au sein du parti ne va changer de camp. Le leader du MSM, lui, est avare en commentaire. Même la page Facebook du parti est muette. Elle n’a pas été actualisée depuis dimanche soir.

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Vel Moonien et Jean Yves Chavrimootoo

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