Rashid Beebeejaun actionnaire de Medpoint Ltd via la société familiale Medinvest

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La société Medinvest, qui appartient à la famille Beebeejaun, détenait 5 000 actions de Medpoint Ltd à sa création. Le Dr Rashid Beebeejaun, l’un des promoteurs de la société, y avait investi Rs 100 000 en 1992.

Le No.2 du gouvernement pourrait être impliqué indirectement et contre son gré dans le « scandale du siècle ». En effet, le 7 juillet 1992 alors qu’il ne faisait pas encore de la politique active, Rashid Beebeejaun avait créé, avec trois de ses proches, la société Medinvest en vue d’investir dans le projet de la clinique Medpoint. Le capital de départ de la société était de Rs 500 000 avec un nombre limité d’actions, soit 5 000 valant chacune Rs 100.

Rashid Beebeejaun y avait investi Rs 100 000, son fils Saleem, Rs 50 000 et son cousin Seedick Beebeejaun, Rs 150 000. Le dernier actionnaire n’est autre que le beau-frère du vice-Premier ministre, l’homme d’affaires Dawood Rawat, grand patron de la British Americain Investment (BAI). Ce dernier avait investi Rs 200 000 par l’entremise de son fils Omar Rawat qui, selon l’acte de partenariat notarié, a agi comme mandataire au nom de son père.

Medinvest dont le siège social se trouve à la même adresse que le domicile du vice-Premier ministre, avait, par la suite investi ses Rs 500 000 en achetant 5 000 actions de la compagnie Medpoint Ltd. Ce qui est sûr, c’est que la société détenait toujours ses investissements au sein de la clinique jusqu’au 14 décembre 2009, date à laquelle les derniers documents de comptabilité ont été déposés au Registrat of Companies.

A sa création, la gestion de la société Medinvest avait été confiée à Rashid Beebeejaun et à son cousin Seedick Beebeejaun avec « faculté pour ces derniers d’agir conjointement ou séparément » selon l’acte notarié de partenariat. Il y est également stipulé que « le gérant aurait les pouvoirs étendus » pour décider et disposer des affaires de la société.

Seedick Beebeejaun, l’un des partenaires de Medinvest affirme qu’il n’a pas eu de nouvelle de la société depuis de nombreuses années.

« C’est vrai qu’au départ nous avions mis de l’argent de côté pour une participation au capital de la clinique Medpoint. Nous avons vite réalisé que c’était un mauvais investissement. Depuis, la société était totalement inactive », explique Seedick Beebeejaun dans une déclaration à lexpress.mu. En outre, s’il ne peut pas se prononcer sur ce qu’il est advenu des actions des ses partenaires, il affirme que lui n’a jamais vendu les siennes.

Quoiqu’il en soit, s’il s’avère que Rashid Beebeejaun détenait encore ses actions au moment de l’acquisition de la clinique Medpoint par l’Etat au coût de Rs 144,7 millions, et qu’il ne l’a pas fait savoir au moment où le dossier a été évoqué au Conseil des ministres, cela pourrait constituer un délit. Même si la part de la société Medinvest au sein de Medpoint Ltd est assez faible.

Par ailleurs, il se pourrait qu’il y ait également un cas de conflit d’intérêt si les proches du vice-Premier ministre avaient conservé une partie du capital de Medpoint Ltd, la compagnie propriétaire de la clinique Medpoint, au moment de la transaction qui fait actuellement l’objet d’une enquête de la part de la Commission anti-corruption.

La question est de savoir si l’alinéa 7 de la Prevention of Corruption Act (POCA) qui porte sur le délit de « using office to obtain gratification » et celui de conflit d’intérêt&nbsp s’applique dans ce cas.

Les tentatives répétées de lexpress.mu pour obtenir des compléments d’information et des éclaircissements de la part du vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, ont&nbsp été vaines. Un fonctionnaire avait pourtant contacté la rédaction pour s’assurer de l’origine d’un de nos nombreux appels. Un fax envoyé à son bureau est également resté sans réponse.

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