Rapport Carcassonne : Des dirigeants mauves sceptiques concernant certaines propositions

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Le rapport Carcassonne avec des propositions de réforme électorale a été très bien accueilli dans son ensemble par le Bureau politique du Mouvement militant mauricien. Toutefois, certains dirigeants mauves ne cachent pas leur scepticisme quant à certaines propositions jugées inacceptables.

S’il y a une chose sur laquelle les membres du Bureau politique mauve sont du même avis, c’est bien le maintien du Best Loser System qui perpétue une forme d’ethnicisation du système électoral. Ainsi, les dirigeants du MMM, tout en saluant la proposition de représentation proportionnelle, se préparent à défendre le Best Loser System.

Toutefois, ce sont d’autres propositions du comité dirigé par le professeur Carcassonne qui dérangent au sein du MMM. La première inquiétude de certains dirigeants du parti du cœur concerne le système électoral proposé par le comité Carcassonne, qui, estiment-ils, viendra « accentuer la suprématie des partis et des leaders » au niveau de la prise de décision.

« Ce sera au parti et au leader d’établir la party list et ainsi de décider qui figurera sur la liste et à quelle position. Ainsi l’électorat n’aura plus le moyen de sanctionner un député et d’accorder son soutien directement à un candidat qu’il jugerait méritant », soutient un élu mauve des basses Plaines-Wilhems.

Et d’ajouter que « de cette manière, le potentiel candidat n’osera pas remettre en question une décision de son parti puisque son avenir politique ne dépendra plus de ses mandants ». Cette possibilité dérange d’autres dirigeants du MMM tant ceux occupant le terrain dans les circonscriptions rurales que ceux des régions urbaines.

Un dirigeant mauve qui a établi ses quartiers dans l’Est du pays décrie, pour sa part, le système proposé pour le remplacement automatique des députés qui prendrait ses distances de la bannière sous laquelle il a été élu. Il estime que ce sera la porte ouverte à tous les abus. Une opinion partagée par un élu de la capitale.

Ce dernier se prononce totalement contre la possibilité de nommer des ministres en dehors des membres élus de l’Assemblée nationale. Encore une fois, c’est la question de possibilités abus ou de favoritisme.

« Porter au pouvoir quelqu’un qui soit n’aurait eu aucune chance face à l’électorat ou qui a été rejeté par ce même électorat ou encore qui n’ose pas descendre dans l’arène n’est certainement pas démocratique », s’insurge son camarade de parti qui est, lui, assuré d’un poste ministériel au cas où son parti reviendrait au pouvoir.

Si quelques voix se sont fait entendre lors de la réunion du Bureau politique de ce lundi 19 décembre, la plupart ont choisi de se taire devant la conviction de leur leader que le rapport Carcassonne est révolutionnaire.

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