Ramgoolam: «On ne peut pas faire de la politique pour se remplir les poches»

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Navin Ramgoolam et le ministre Duval lors de la commémoration du 179e anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés ce samedi 2 novembre.

Encore une pique lancée par le Premier ministre. C’était lors de la commémoration du 179e anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés ce samedi 2 novembre. «On ne peut pas faire de la politique simplement pour devenir député ou ministre», a martelé Navin Ramgoolam. 

 
Qui est la cible de Ramgoolam ? Fidèle à son habitude dans ses discours, le Premier ministre a lancé quelques piques mystérieuses ce samedi 2 novembre. C’était lors de la commémoration du 179e anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés. En citant Gandhi qui encourageait la participation de tout un chacun en politique, il a cependant précisé qu’il s’agissait-là «d’un vrai engagement. Pa pou rempli pos».
 
Ajoutant qu’il n’allait pas mentionner de noms, Navin Ramgoolam a expliqué que «ena ki ena sa conception la. Pa capav fer politik pou nek vinn minis ek depite». L’engagement, a martelé le Premier ministre, veut dire sacrifice. «Bizin anvi fer sacrifis pou dimunn pa zis vinn minis depite.»
 
Cible-t-il des membres dans l’opposition ou ceux de son propre camp ? Déjà, ses propos tenus il y a près d’une semaine, lors des célébrations en vue de la fête Divali à la Hindu House, ont créé un buzz politique. 
 
Il avait notamment évoqué des «Judas» qui l’entourent. D’aucuns soulignent que c’est le PMSD qui était visé. Les membres du Remake, eux, en tout cas le croient. À l’Assemblée nationale, mardi dernier, les députés de l’opposition, surtout Rajesh Bhagwan, ne cessaient de tacler le PMSD et le ministre Sik Yuen. Le bouillant député mauve avance que le PMSD se sent de plus en plus mal à l’aise au sein du gouvernement. Il cite deux cas, le recrutement à l’aéroport où aucun agent du PMSD n’a été embauché, et la récente déclaration de Nita Deerpalsing sur le juge Eddy Balancy. On sait que le PMSD souhaite que la hiérarchie soit respectée au sein du judiciaire.
 
Dans l’entourage du Premier ministre, l’on dit cependant ne pas accorder trop d’importance à ces propos. La secrétaire générale du  PTr, Kalyanee Juggoo, est catégorique : le Premier ministre ne vise aucun ministre, encore moins son allié le PMSD. «D’ailleurs, je peux vous affirmer que si le Premier ministre avait quelque chose à reprocher à son partenaire, il l’aurait fait sans détour», maintient Kalyanee Juggoo.
 
Du côté des observateurs politiques, l’on penche pour une autre thèse : c’est, soutient-on, le MMM qui veut pousser le PMSD à quitter le gouvernement. Tandis que Paul Bérenger continue à lancer des appels du pied à Xavier-Luc Duval. Dans les réunions publiques, le leader de l’opposition commence souvent son discours en faisant un appel au PMSD de quitter le navire, qui, selon lui, se dirige vers le naufrage. Y a-t-il un émissaire qui négocie une alliance avec le PMSD ? Le PMSD, courtisé par l’opposition, attend-il son heure ? 
 
Pas si sûr, car ce parti, sous la férule de Xavier-Luc Duval, se sent «toujours à l’aise» au sein d’un gouvernement. D’ailleurs, les regards sont déjà braqués sur le leader des Bleus, qui va lire le discours du budget vendredi prochain. Les rencontres sont plus fréquentes entre Navin Ramgoolam et celui-ci ces jours-ci, justement dans le cadre du budget.
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