Ramgoolam : « Aucun Select Committee sur MedPoint avant la fin de l’enquête de l’ICAC »

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Lors de la Private Notice Question (PNQ), au Parlement, ce mardi 22 mars, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a invoqué l’enquête de l’Independent Commission against Corruption pour refuser d’instituer un Select Committee et pour ne pas répondre à des questions supplémentaires.

Dans sa PNQ, le leader de l’opposition demandait au Premier ministre, s’il était d’accord pour l’institution d’un Select Committee pour se pencher sur&nbsp l’acquisition de la clinique MedPoint par l’Etat. Notamment si toutes les procédures ont été suivies, combien coûteront les travaux de réhabilitation et à quelle date le Central Procurement Board avait alloué le contrat.
Une seconde partie de la PNQ avait trait à un éventuel lien entre cette transaction et l’incendie de deux véhicules chez Harish Boodhoo.

Pour la première partie de la PNQ, le Premier ministre a procédé à un long rappel de la nécessité d’un hôpital spécialisé dédié aux soins pour les personnes âgées, rappelant notamment que ce projet remonte à 2000 et que le 5 mars 2010, le Conseil des ministres avait donné son accord pour la mise en œuvre de ce projet. Il ajoute que ce projet figure également dans le manifeste électoral de son parti ainsi que dans le discours programme.

Navin Ramgoolam a ensuite fait ressortir qu’après des accusations lancées de part et d’autre, l’ICAC a ouvert une enquête sur l’acquisition de la clinique MedPoint. Et de déclarer : «Je ne crois pas qu’un Select Committee soit le bienvenu vu qu’il y a une enquête de l’ICAC sur cette acquisition

Le Premier ministre a ensuite fait ressortir qu’aucune poursuite ne peut être engagée contre quelqu’un qui a fait une déclaration devant un Select Committee. «Personne ne voudra que d’éventuelles poursuites soient bloquées dans cette affaire», a lancé Navin Ramgoolam. Qui ajoute qu’une fois que le rapport de l’ICAC a été soumis, la proposition d’un Select Committee peut être considérée.

Le Premier ministre a fait ressortir que les conclusions de l’enquête de l’ICAC répondront à la PNQ ainsi qu’aux interpellations que le député Cehl Meeah comptait adresser à lui-même ainsi qu’aux ministres des Finances et de la Santé, sur l’affaire MedPoint.

Revenant à l’enquête de l’ICAC, Navin Ramgoolam a dit que des documents ont été saisis aux ministères des Finances et de la Santé et que les interrogatoires ont déjà débuté. A une question supplémentaire, il devait souligner qu’il est inapproprié pour un Premier ministre de commenter et de donner des détails sur une enquête en cours. «En tant que Premier ministre, je ne peux porter préjudice à une enquête», a-t-il dit.

Pour la seconde partie de la PNQ concernant l’incendie chez Harish Boodhoo, Navin Ramgoolam a répondu que jusqu’à présent, la police n’a trouvé aucun lien entre l’achat de MedPoint et cet acte criminel. Les enquêteurs ont détecté la présence d’un accélérant sur les lieux de l’incendie et ont interrogé neuf personnes, qui ont été relâchées après que leurs alibis eurent été vérifiés.

Plus tard, pendant les questions supplémentaires sur cet incendie, Navin Ramgoolam devait dire que les voisins de Harish Boodhoo ont été interrogés, mais que la police est intriguée par un élément figurant sur un reportage d’une radio. En effet, on peut clairement entendre aboyer un chien sur ce document sonore réalisé chez Harish Boodhoo, alors qu’au moment des faits, personne n’a entendu d’aboiements.

Mais, auparavant, toujours à propos de l’achat de MedPoint, Paul Bérenger a demandé au Premier ministre s’il avait donné le feu vert pour lancer des appels d’offres, cinq jours avant les élections. Navin Ramgoolam a alors rappelé à Paul Bérenger que le conseil des ministres prend des décisions de politique générale et n’est pas habilité à donner des ordres pour des tenders. Il devait ajouter que les procédures avaient démarré bien avant mais que l’appel d’offres n’a été publié que peu avant les élections.

Navin Ramgoolam a ensuite invoqué l’enquête de l’ICAC pour ne pas répondre à une série d’interpellations, notamment sur le fait que l’appel d’offres avait&nbsp été taillé sur mesure, que des soumissionnaires&nbsp n’avaient pas été informés dans un délai de sept jours ou encore que l’ordre pour une seconde évaluation de MedPoint provenait du ministère des Finances.

Cela a eu pour résultat de faire monter la tension dans l’hémicycle, les députés de l’opposition laissant fuser une série de remarques pour protester. Des moments de tension qui ont persisté suivant des échanges de propos très âpres entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger concernant la dissolution de l’Economic Crime Office alors que ce dernier était vice-Premier ministre.

Paul Bérenger a alors justifié sa décision en déclarant que la création de l’ICAC était nécessaire pour un organisme vraiment indépendant, alors que Navin Ramgoolam, à son retour au pouvoir en 2005, «a amendé la loi pour en faire son paillasson».

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