Ramesh Rughooputh : « C’est plus facile pour un Mauricien d’être vice chancelier à l’UoM »

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Peu loquace, le Pr Ramesh Rughooputh fraîchement nommé comme vice chancelier à l’université de Maurice, laisse difficilement transpirer des informations quant au mode d’opération qu’il compte adopter. Il soutient toutefois être suffisamment compétent pour mener l’université à bon port et estime qu’il est plus difficile pour un Mauricien d’assumer un tel poste

L’exercice de nomination de vice chancelier à l’université de Maurice a suscité certaines controverses, suite au refus de Neil Garrod. N’auriez-vous pas préféré une entrée en fonction moins compliquée ?

Je ne vois rien de controversé dans cette exercice de nomination. Toutes les procédures ont été respectées. J’ai accédé au poste de vice chancelier car j’étais le deuxième choix du conseil d’administration de l’université de Maurice.

Le premier choix du conseil d’administration s’était porté sur le Britannique, Neil Garrod. Un choix très critiqué sur le campus, notamment par l’union des étudiants. Rejoignez-vous les propos de ces étudiants qui disaient qu’un Mauricien serait plus apte à gérer cette institution ?

Je pense que l’université de Maurice ne peut être gérée par n’importe quel Mauricien. Je pense, pour ma part, avoir été un candidat idéal pour être le successeur de Konrad Morgan, car je suis tout de même attaché à cette institution depuis 1976, ce qui fait que je connais tout le monde, et tout le monde me connaît. S’il y a par exemple des détails internes à gérer, je peux le faire moi-même sans avoir à déployer des ressources additionnelles. Contrairement à un étranger, je n’aurai besoin d’aucun temps d’adaptation pour commencer mon travail. 

L’université de Maurice prétend vouloir opérer selon les normes internationales, et d’un autre côté, l’on prétend qu’un étranger ne peut être nommé comme vice-chancelier….

Je pense tout simplement que c’est un peu plus difficile pour un étranger d’assumer un tel poste. La barrière de la langue se trouve être une énorme difficulté. Prenez l’exemple d’un Britannique, comment va-t-il faire lorsqu’il aura à parler le français, le kreol, ou encore le bhojpuri ? Ce sont autant de raisons qui me font penser que c’est plus difficile pour un étranger.

Dans votre première déclaration accordée à la presse, vous avez dit qu’une de vos priorités sera de redorer le blason de l’université qui a été terni par certaines personnes. Qu’est-ce-qui a été terni et qui en sont les responsables ?

Ceux qui sont à l’université sont parfaitement au courant de ces problèmes. Je ne souhaite pas entrer dans les détails, je ne veux pointer du doigt personne. Mais sachez que ma priorité sera de faire briller l’université de Maurice.

Le plan de restructuration de Konrad Morgan a fait l’objet de plusieurs controverses. L’Université a-t-elle besoin d’une réforme ?

Je pense que oui. Il nous faut une réforme pour réajuster certaines structures afin d’encourager davantage d’efficacité.

Le plan de restructuration, prône une décentralisation des responsabilités, notamment au niveau du Registrar, pour ainsi mettre davantage d’employés à contribution. Êtes-vous pour une démocratisation du pouvoir à l’université ?

 Pour tout vous dire je n’ai pas encore pris connaissance des recommandations de ce plan. Cependant, je ne vois pas la nécessité d’encourager cette mesure, car tous les départements de l’université sont déjà parties prenantes dans les grands champs d’actions de l’institution.

Que retenez-vous du parcours de Konrad Morgan à l’université de Maurice ?

C’est au conseil d’administration de faire le bilan de l’ancien vice chancelier. En ce qui me concerne, tout ce que je peux vous dire, c’est que les choses bougeront vite avec moi et plus facilement.

Vous serez donc plus efficace que votre prédécesseur ?

Je ne veux pas me comparer à Konrad Morgan, mais je vous répète, les choses bougeront vite avec moi.

Une des raisons qui ont motivé Konrad Morgan de prendre la porte de sortie prématurément, se trouvait être l’ingérence politique. Vous qui êtes à l’université depuis 1976, avez-vous déjà été témoin de ces ingérences ?

Je  n’ai jamais été témoin de ce que vous appelez « ingérence ». Qu’on m’apporte des preuves d’abord. Mais je tiens à vous préciser que l’université est régie par l’UoM Act, ce qui fait de nous une institution autonome.

Propos recueillis par Thierry Laurent

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