Programme de Méthadone : Les parlementaires en mal de compréhension

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« Ils sont là pour légiférer mais il semblerait qu’ils manquent de connaissance ». Cette critique s’adresse aux dirigeants du pays. Selon le Collectif Urgence Toxida (CUT), le ministre de la Santé et les parlementaires de l’opposition ne seraient pas suffisamment informés sur la question de réduction des risques et du programme de méthadone.

Substitution à la méthadone, programme de réduction des risques ou dépendance à un produit de substitution. Autant de sujets qui ne sont pas maîtrisés par beaucoup et qui suscitent de nombreuses interrogations. Et il semblerait, selon CUT, que les dirigeants ne sont pas les mieux informés.

Par le biais d’un communiqué, l’ONG a fait valoir une mise au point aux dirigeants du pays, tant au gouvernement qu’à l’opposition. Selon CUT, un rapport a circulé parmi les ONG et les autres partenaires de la Santé, sans être rendu public.

En effet, c’est lors des débats parlementaires du 3 juillet dernier que la députée Maya Hanoomanjee a posé une question au ministre de la Santé, Lormus Bundhoo. Elle a demandé si l’évaluation nationale du programme de méthadone à Maurice tient en compte le fait que les personnes deviennent dépendantes à la méthadone au lieu de l’héroïne.

Pour CUT, la question de la députée «reflète un manque de compréhension du but même du programme de méthadone. Et la réponse de l’actuel ministre de la Santé reflète aussi une vision étriquée du programme de méthadone ». Nathalie Rose, présidente de CUT, explique que le but du programme de méthadone est de permettre aux usagers de drogues de remplacer le produit d’addiction.

«Le rapport indique que la méthadone permet à l’usager de drogues de continuer à bien vivre sa vie. En lisant les questions et les réponses parlementaires, CUT se demande si les députés ont pris connaissance de ce rapport et s’ils ont bien été conseillés car les débats parlementaires ne reflètent pas la compréhension de ce rapport », souligne Nathalie Rose.

Du coup, CUT recommande que ce rapport soit rendu public mais le ministre Lormus Bundhoo a fait comprendre qu’une telle requête ne pouvait être acceptée.

Pour l’heure, une substitution à la méthadone n’est pas la meilleure solution que pourrait adopter Maurice, par manque de ressources financières. Surtout qu’il a été évalué qu’une alternative au programme de méthadone pourrait coûter Rs 11 millions additionnelles.

«La méthadone est un très bon programme. Le mieux serait de ne pas l’éliminer mais d’offrir un choix aux usagers de drogues », affirme Nathalie Rose.


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