Private Notice Question : l’enquête policière sur l’affaire bois de rose toujours en cours

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Le leader de l’opposition devra encore attendre avant de pouvoir prendre connaissance des conclusions de l’enquête policière initiée sur le trafic de bois de rose. Les enquêteurs seraient en possession des coordonnées téléphoniques des complices basés à Maurice.

La Private Notice Question (PNQ) de ce mardi 22 mai sur le trafic de bois de rose entre Madagascar et la Chine en passant par le port franc mauricien n’aura rien donné de concret. Aucun éclaircissement n’a été apporté quant aux allégations que se sont lancées le Mouvement socialiste militant et le Parti mauricien social démocrate sur ce trafic. Le Premier ministre fait comprendre que l’enquête policière était toujours en cours et qu’il fallait encore attendre encore avant d’en connaître les conclusions.

Toutefois, ceux présents au Parlement ce mardi 22 mai ont quand même pu noter un certain énervement de la part du ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et du Private Parliamentary Secretary (PPS), Thierry Henry. Le ministre des Finances a d’ailleurs été rappelé à l’ordre par le Speaker. Xavier-Luc Duval voulait surtout mettre l’accent sur le fait que c’est lui qui a été à l’origine de la saisie de six conteneurs de bois de rose en le 11 juin 2011 par la douane mauricienne.

Il ressort aussi qu’aucun membre du parlement mauricien n’a été interrogé à ce jour. Du moins, le Premier ministre n’a pas répondu positivement à cette question du leader de l’opposition. Il a cependant affirmé que les enquêteurs mauriciens, principalement des limiers de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), sont en possession des coordonnés téléphoniques des contacts mauriciens impliqués dans ce trafic.

Toujours dans le cadre de cette enquête, le chef du gouvernement a indiqué que des policiers ont été envoyés à Madagascar en vue de recueillir des informations. Des informations qui devraient être déterminantes, selon Navin Ramgoolam, pour la suite de l’enquête.

Le Premier ministre a également déclaré que le ministre de l’Environnement et des Forêts de Madagascar avait effectué un déplacement à Maurice en août 2011 en vue de faire un constat de la marchandise saisie. Par la suite, le chargé d’affaires de l’ambassade malgache a fait une enquête en écrit à la Commission anti-corruption (ICAC) pour qu’une enquête soit initiée en vue de vérifier si le trafic de bois de rose n’était pas lié à une affaire de corruption impliquant des complices mauriciens.

Navin Ramgoolam a également répondu à une question sur le démenti apporté par le directeur du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) de Madagascar suite sa déclaration au Parlement la semaine dernière sur l’existence d’une bande sonore. Navin Ramgoolam répondait alors à une question de la députée Stéphanie Anquetil sur cette même affaire.

Le Premier ministre avait, en effet, déclaré lors de la séance parlementaire du mardi 15 mai que le BIANCO était en possession d’un enregistrement d’un appel téléphonique « impliquant un politicien mauricien dans cette affaire de contrebande ». Toutefois, dès le lendemain, le directeur de l’institution malgache, Faly Rabetrano, avait démenti cette déclaration de Navin Ramgoolam, affirmant qu’il n’a jamais été en présence d’un quelconque enregistrement téléphonique.

Le leader de l’opposition lui a, d’ailleurs, fait remarquer que la semaine dernière, il a été « totalement catégorique » dans son affirmation. Dans sa réponse, le Premier ministre s’est contenté de citer des longs extraits d’un article paru dans le journal malgache La gazette de la Grande Ile.

Paul Bérenger a également voulu savoir si un des suspects qui se trouve être le directeur de l’une des deux compagnies liées à ce trafic était venu à Maurice malgré une interdiction de quitter le territoire malgache. Il a demandé au Premier ministre s’il était au courant que la personne en question avait rencontré un membre du Parlement. Navin Ramgoolam a demandé à au moins deux reprises au leader de l’opposition de révéler l’identité de la personne en question pour lui permettre de répondre à la question. Ce que Paul Bérenger n’a pas fait se contentant de parler d’un important homme d’affaires.

Par ailleurs, le Premier ministre a pris l’engagement de faire parvenir une copie des correspondances des autorités malgaches sur cette affaire et plus particulièrement des requêtes de collaboration au leader de l’opposition personnellement. Il a refusé de les rendre publiques, comme l’exigeait Paul Bérenger, parce que la loi l’interdit.

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