Pravind Jugnauth révèle avoir pris ses distances de la clinique Med-Point depuis 1994

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Le ministre des Finances sort enfin de sa coquille. Expliquant avoir tenu ses distances avec cette transaction, il affirme ne détenir que 50 actions sur les 368 683 émises. Et que si jamais il doit toucher des dividendes, il va les « donner ».

Pravind Jugnauth sort finalement de sa réserve. Cet après-midi du vendredi 28 janvier, le No. 3 du gouvernement a tenu un point de presse au ministère des Finances pour faire taire la polémique autour de l’achat de la Clinique Med-Point au coût de Rs 144 millions par l’Etat. D’autant que c’est en sa qualité de Grand argentier qu’il doit signer ce gros chèque.

Présenté par l’opposition comme étant un des bénéficiaires de cette acquisition, l’établissement appartenant au Dr Kishan Malhotra, l’époux de sa sœur, et étant lui-même un des actionnaires, Pravind Jugnauth met les points sur les i. Il affirme avoir gardé ses distances vis-à-vis des procédures quant à cette acquisition, en invoquant un possible conflit d’intérêt, et que la décision d’achat remonte bien avant les élections de mai 2010.

Il explique également avoir coupé les ponts avec le Dr Kishan Malhotra depuis bien longtemps. Et qu’il a démissionné en tant que directeur et secrétaire de la clinique depuis le 24 février 1994. Il s’en prend ainsi à son principal détracteur, Paul Bérenger, soutenant que le « syndrome Sheik-Hossen » a refait surface.

Pravind Jugnauth fait ressortir que ces données peuvent être vérifiées auprès du Registrar of Companies et qu’il est détenteur, symboliquement, de 50 actions sur les 368 683 qui ont été émises. Il explique que, quand il a appris que la clinique avait participé à un exercice d’appel d’offre initié le 30 avril 2010, aussitôt après son entrée à l’hôtel du gouvernement, il a demandé au Premier ministre de ne pas « être partie prenante en aucune façon à ce processus ».

Il soutient également avoir tenu à ne pas être présent au Conseil des ministres quand l’acquisition de la clinique, censée avoir été acquise pour être convertie en hôpital gériatrique, était au menu des discussions. Il déplore qu’on lui ait fait son « procès » sans qu’il ait eu donné sa version des faits, accusant Paul Bérenger, Harrish Boodhoo et Jack Bizlall de l’avoir montré du doigt.

Le ministre des Finances s’emporte contre le leader de l’opposition quant aux allégations « mensongères » qui ont jalonné sa carrière et annonce son intention de le traîner en justice. Tout comme Harrish Boodhoo et Jack Bizlall, syndicaliste à qui il avait intenté un procès quant à ses accusations dans l’affaire de la caisse noire chez Air Mauritius. Sans oublier des journaux.

Débattant sur les accusations du chef de l’opposition lors d’une conférence de presse, il les qualifie de « connerie », surtout quant à l’hypothèse évoquée que cet achat découle d’un accord électoral. « A ce jour, j’ai gagné tous les procès que j’ai intenté à mes détracteurs », se félicite-t-il.&nbsp&nbsp

« Mo pas pou laisse personne touche ou attaque mo l’intégrité ou mo l’honneur », lance-t-il à l’issue de son point de presse. Il déplore qu’il « est trop facile de jeter la boue sur une personne » et qu’il faille impérativement « vérifier » les données avant de faire des allégations gratuites.

A l’heure des questions, Pravind Jugnauth a indiqué à lexpress.mu qu’il ne sait combien il touchera sur la vente de la clinique. Il avance que ses actions sont « inactives », qu’il ne s’est pas posé la question et qu’il « va tout donner » quand l’argent sera viré sur son compte. « Mem mo éna 50 actions, kot conflit d’intérêt si mone participe à l’exercice d’achat, » dit-il.

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