Prasad Randhay : Maître-es-boulange

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Prasad Randhay, responsable de la boulangerie La Ville des Fleurs à Palma, s’est récemment vu décerner par le Rotary Club de Quatre-Bornes, la mairie de la ville et Les Moulins de La Concorde, un certificat de reconnaissance pour sa longue contribution au secteur de la boulangerie.


Agé de 52 ans, ce boulanger de carrière nous a reçus dans sa modeste maison de Plaisance, Rose-Hill. C’est sa situation familiale précaire, nous confi e-t-il, qui l’a mené à la boulangerie. Son père était receveur d’autobus et il avait plusieurs bouches à nourrir.

Alors qu’il est à l’école, Prasad Randhay apprend qu’une boulangerie recrute des manoeuvres. «Seki ti bien ar sa travay la se ki ou travay tanto ek ou gagn lapei lendime gramatin.» C’est donc à 17 ans qu’il commence comme manoeuvre à la boulangerie Marday à La Louise. Il perçoit alors un salaire de Rs 16 qu’il trouve correct pour l’époque. Sachant que l’ouvrier gagne Rs 6 de plus, Prasad Randhay se démène tant et plus qu’il ne met pas longtemps à être nommé ouvrier. Il reste deux ans dans cette boulangerie, avant d’obtenir de l’emploi à la Boulangerie de Quatre-Bornes appartenant à feu Narainsamy Parsuramen.

Celui-ci se révèle un mentor pour Prasad Randhay et lui apprend à aimer le métier. «Sa misie la ti enn veritab patron. Linn donn mwa boukou lide pou fonce ek pou arive». Il arrive parfois qu’il n’ait pas les moyens de se rendre au travail. Qu’à cela ne tienne, ses jambes l’y emmèneront. Il reste neuf ans au sein de la Boulangerie de Quatre-Bornes. Un accident l’en éloigne. Lorsqu’il est en état de reprendre le travail, Prasad Randhay valse d’une boulangerie à une autre. Depuis deux ans, il est en charge de la boulangerie La Ville des Fleurs, à Palma, Quatre-Bornes.

Il aurait pu se contenter de superviser le travail mais Prasad Randhay ne conçoit pas de jouer aux inspecteurs des travaux finis. «Ler mo leve pou al travay ver 23h30, mo telefonn mo bann koleg pou rappel zot ki zot bisin vinn travay. Si enn pena transpor, mo al pran li lor motocyklet pou amenn li travay. Nou enn lekip ek si enn pa konn travay, mo montre li. Pou mo lasante ek mo kouraz res parey, mo kontan met lamin à la pat».

Il est si épris de son métier qu’il a tenté de se mettre à son compte. Il dispose d’un peu de place sur le terrain où est bâtie sa maison mais les conditions exigées, notamment par la Banque de Développement, l’ont découragé. «Mo pa krwar ki mo pou retrouv mo rev. Mo vision fi ni fatigué», dit-il sur un ton résigné. Il est extrêmement heureux que le Rotary Club de Quatre- Bornes, de même que LMLC et la mairie de la ville aient décidé d’organiser ce concours basé sur l’expérience des candidats en lice et sur l’inspection des boulangeries de la ville. En sus de sa longue expérience du métier, Prasad Randhay a obtenu plusieurs prix dans le passé, dont un premier prix dans la catégorie des Pains Spéciaux, qui sont plus difficiles à faire. Bien qu’il ait droit à un jour de congé par semaine, Prasad Randhay ne le prend pas. «Mo bisin al travay».

De toutes les façons, dit-il, les ouvriers qui s’absentent font que «dan sa travay la pena fi ansay, mariaz, etc. Ou bisin bien prive. Mo madam Sunila ek mo de zenfan, Chitra ek Davinash, inn bien penalise ar mo labsens. Fer setan mo pa fi nn met lipie lamer».

S’il reconnaît que la boulangerie est un «esclavaz modern», il ne peut s’en passer : «Monn fi ni ena enn lamour pou li…»

*Prasad Randhay peut être contacté sur le 4944461

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