Politique et religion : Ramgoolam suscite la colère à la cérémonie du Yaum-Un-Nabi

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Le Premier ministre a de nouveau évoqué des sujets politiques lors de son intervention à une cérémonie religieuse. Lors de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet, à Phoenix, il a tenu à parler de la réforme électorale. Une situation qui a suscité l’irritation des membres de l’assistance, dont Salim Muthy, qui l’ont hué.

La polémique sur les discours purement politiqueS lors des cérémonies religieuses vient de nouveau d’être relancée. Le Premier ministre s’est fait huer lors de la cérémonie organisée dans le cadre de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet ce dimanche 5 février au collège Aleemeah, à Phoenix.

Navin Ramgoolam avait débuté son allocution en parlant de la vie du prophète Mahomet, assurant qu’il ne parlera pas de la réforme électorale. Mais il a vite changé de discours, évoquant clairement les appréhensions de la communauté musulmane face au Best Loser System.

Le chef du gouvernement a d’abord commencé par parler de la constitution de Médine. Ce,&nbsp pour faire comprendre à l’assistance qu’il voulait que toutes les communautés de la nation mauricienne soient représentées dans le cadre de la réforme électorale.

« Ce n’est pas le lieu pour parler de réforme électorale mais je tiens à dire que le prophète Mahomet avait un autre document-clé après le Coran et le Suma. Ce document c’était la Constitution de Médine. Et cette Constitution assurait le droit de toutes les communautés, même celles en minorité », a-t-il affirmé.


C’est à ce moment précis que le travailleur social Salim Muthy et quelques membres de l’assistance se sont levés pour faire comprendre qu’ils ne voulaient pas que le Premier ministre parle de politique à cette cérémonie religieuse. Ils ont vite étaient retenus par d’autres membres de l’assistance, dont le père du ministre Shakeel Mohamed, l’avocat Yousuf Mohamed qui fait partie du front commun des hommes politiques musulmans qui s’opposent à l’abolition du Best Loser System.

Visiblement agacé par la tournure des événements, Navin Ramgoolam se s’est pas laissé faire. Allant même jusqu’à traiter un des protagonistes « d’ignorant ».

«J’ai dis que je devais parler, ce n’est pas deux ou trois personnes qui m’en empêcheront. J’ai aussi dit que n’évoquerai aucun sujet politique... je ne parle pas de politique », a-t-il lancé sous le regard d’une assistance, comptant parlementaires et chefs religieux, interloquée.


N’en démordant pas, le Premier ministre&nbsp soutient alors qu’il avait été averti qu’il serait interrompu dans son discours. Soutenant que ces personnes ont été « payées » pour agir de telle sorte. « Nous parlons du prophète Mahomet et parmi nous il y a des ignorants. J’appelle cela de l’ignorance. Je répète qu’il nous faut trouver un système pour qui ne laisse personne en bordure de route », a-t-il déclaré.


Salim Muthy a immédiatement été expulsé de la cérémonie. Il a ensuite été informé par un policier qu’il devait être arrêté et inculpé pour avoir troublé le discours du Premier ministre.

Contacté par lexpress.mu, Salim Muthy affirme n’avoir rien à se reprocher. «J’ai rappelé le Premier ministre à l’ordre. Je l’ai uniquement dit qu’il avait bien commencé son discours en parlant du prophète Mahomet mais qu’il l’avait conduit sur la réforme électorale ensuite. Je ne suis pas d’accord qu’on mélange les deux », affirme le travailleur social.

L''intéressé dément avoir été invité à quitter les lieux, soutenant avoir plutôt été "félicité" par certaines personnes présentes. Il s’est même laissé aller à donner une explication vidéo à Jameel Peerally pour le compte de la page Facebook Wanted : 15 000 Youngsters to Save our Future.

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