Politique en 2011 : l’affaire MedPoint détonateur d’une secousse de haute magnitude

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La coalition gouvernementale n’a pas survécu aux ramifications de l’affaire MedPoint. Le départ du MSM du gouvernement a propulsé en première ligne le PMSD et son leader Xavier Duval qui a accédé aux fonctions de ministre des Finances.
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&nbspC’est le 13 janvier que l’express révèle le rachat de la clinique MedPoint par l’État au coût de Rs 144,7 millions. Neuf jours plus tard, lors de sa première conférence de presse de l’année, le leader de l’Opposition commente cette affaire qu’il qualifiera de « scandale du siècle ». Dès lors, le Mouvement militant mauricien (MMM) dénoncera semaine après semaine les nombreuses zones d’ombre qui entourent ce rachat pour le moins douteux.
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L’affaire MedPoint allait devenir l’arme fatale du MMM qui se lancera dans une véritable épopée politique qui allait donner lieu à une redistribution des cartes sur la scène politique. Démission, cassure, affaiblissement de la majorité gouvernementale au profit de l’Opposition parlementaire, remaniement ministériel et mouvement de transfuges se sont succédé au rythme d’une série à rebondissements.
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L’arrestation de Maya Hanoomanjee, l’ex-ministre de la Santé qui a géré le rachat de la clinique, le 22 juillet, devait provoquer la démission en bloc des six ministres du Mouvement socialiste militant (MSM). Le leader du parti Soleil, Pravind Jugnauth, qui se trouve être le frère et le beau-frère des anciens propriétaires de la clinique MedPoint, défendra bec et ongles Maya Hanoomanjee tout en critiquant les méthodes d’investigation de la Commission anti-corruption.
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Au départ, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s’évertuait à défendre la ministre de la Santé qui subissait les attaques ciblées de l’Opposition parlementaire et qui parvenait difficilement à répondre aux questions de la presse.
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Toutefois, suite à une nouvelle révélation du MMM concernant la seconde évaluation effectuée par Hooloomann Associates qui allait servir à faire grimper le prix de rachat de la clinique MedPoint de Rs 75 millions à Rs 144,7 millions, Navin Ramgoolam prendra ses distances de Maya Hanoomanjee. Le MSM, esseulé, devait désormais faire face non seulement aux attaques de l’Opposition, mais aussi à celles des backbenchers du Parti Travailliste (PTr).
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L’Opposition jubile quand, après la nomination de cinq nouveaux ministres en remplacement des postes laissant vacants par les démissionnaires, le MSM annonce son retrait de la l’Alliance de l’Avenir rejoignant les bancs de l’Opposition. Bientôt autre coup dur : Jim Seetaram et Mireille Martin démissionnent du MSM contre un maroquin ministériel.
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Quelques semaines plus tard, c’est au tour de Pravind Jugnauth d’être arrêté, inculpé et libéré sous caution sous une accusation de conflit d’intérêts.
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Le MMM se félicite d’avoir pu, en s’appuyant sur « le scandale du siècle » provoquer l’explosion de l’alliance gouvernementale. D’ailleurs, le leader des mauves s’en est encore vanté lors de la fête de fin d’année de son parti, mercredi dernier.
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« Nous avons révélé au grand jour l’affaire MedPoint, le scandale du siècle qui leur est tombé sur la tête. Et bien vite l’Alliance de l’Avenir est devenu l’alliance du passé », ironise Paul Bérenger.
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Avec une Opposition parlementaire requinquée, la majorité gouvernementale a dû faire face aux tirs croisés des élus du MSM et du MMM semaine après semaine poussant dans bien des cas des membres du gouvernement jusque dans leurs derniers retranchements.
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Si le MMM s’en sort avec les honneurs, l’autre partenaire du PTr, le Parti mauricien social-démocrate (PMSD), profite du départ du MSM pour grimper dans l’échelle du pouvoir. Xavier Luc Duval, leader des bleus, sera nommé ministre des Finances en remplacement de Pravind Jugnauth. Le PMSD récupère également le ministère du Tourisme qu’il avait été forcé de céder au lendemain des législatives de 2010.
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Au total, des ex-ministres et cinq fonctionnaires qui ont été inculpés dans le sillage de l’enquête sur l’affaire MedPoint. Parmi le Chief Government Evaluer, Yodhun Bissessur qui, depuis, ne souvient plus du nom de celui qui l’a sommé d’initier la seconde évaluation de la clinique Medpoint.
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Au milieu du tourbillon de l’affaire MedPoint, le combat de Rezistans ek Alternativ contre la déclaration ethnique obligatoire pour tout candidat à la députation est l’autre fait marquant de cette année. Même si le Privy Council a refusé de se prononcer sur l’anti-constitutionalité de cette provision de la loi électorale, le combat sans relâche du mouvement de gauche a apporté un peu de fraîcheur au débat sur la réforme électorale. Un débat devenu, trop souvent, un prétexte pour toutes sortes de rencontres croisées avec en toile de fond des négociations d’alliance.
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Après avoir terrassé l’Alliance de l’Avenir, le prochain objectif du MMM est de reconstituer une alliance du passé avec l’actuel président de la République. Sir Anerood Jugnauth s’est d’ailleurs lui-même invité sur la scène politique en annonçant son intention de démissionner « si besoin est », peu avant l’arrestation de son fils, héritier de l’empire soleil.
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Paul Bérenger, qui a raté son rendez-vous avec les développements majeurs de la fin de l’année, annonce une accélération dans le processus du remake de 2000. De son côté, Navin Ramgoolam maintient que les élections générales se tiendront en 2015 comme prévu. En cette année, l’un des leaders de cette éventuelle alliance recomposée de 2000 soufflera ses 85 bougies.

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