PNQ: Walk-out de l’opposition sous les cris de «Bachoo criminel»

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Ganoo a insisté sur l’obstruction du ruisseau du pouce comme cause des inondations. Ramgoolam a, lui, choisi d’accuser les anciens gouvernements MMM-MSM. Le refus du speaker d’autoriser une dernière question a provoqué la colère de l’opposition.

La Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Alan Ganoo, axée sur les inondations meurtrières de samedi dernier a dégénéré en conflit entre le gouvernement et l’opposition à l’Assemblée nationale, ce mardi 2 avril. C’est le refus du speaker d’accorder au leader de l’opposition le traditionnel privilège de la dernière question qui a mis le feu aux poudres. D’ailleurs qu’auparavant, l’ambiance au sein de l’hémicycle était très tendue par les nombreuses prises de bec entre membres de la majorité et de l’opposition.

Après avoir longuement insisté auprès du speaker pour avoir l’autorisation de poser sa dernière question, Alan Ganoo, visiblement énervé, a quitté son siège pour se diriger vers la sortie, en scandant, «honte, honte».

Dans sa démarche, le leader de l’opposition était suivi par tous les députés du Mouvement militant mauricien (MMM) et du Mouvement socialiste militant (MSM). C’est alors que ces derniers se mirent à scander d’une seule voix, un peu comme le font les supporters des équipes de football: «Bachoo criminel, Bachoo criminel». Le speaker tentait tant bien que mal de ramener l’ordre au sein de l’hémicycle, mais en vain.

Auparavant, Alan Ganoo avait demandé au Premier ministre des précisions sur les prévisions de la station météorologique de Vacoas. Il a mis en exergue les manquements des bulletins émis entre vendredi soir et samedi après-midi, en comparaison à ceux émis par les services météorologiques de la Réunion. Selon un document lu par le leader de l’opposition, les Réunionnais avaient été prévenus, la veille, des risques de grosses averses et avaient été conseillés par les autorités de réorganiser leurs week-ends en fonction des nouvelles données.

Toutefois, Navin Ramgoolam, en voulant défendre les services météorologiques locaux a confirmé que l’île de la Réunion était déjà en état d’alerte, à partir de vendredi soir.

Alan Ganoo est ensuite revenu sur le manque d’équipements de précision à la station météorologique de Vacoas, en s’appuyant sur le rapport du Fact Finding Committee sur les inondations de 2008 et qui avait coûté la vie à quatre personnes. Le leader de l’opposition a rappelé que le juge Domah qui avait présidé le comité, avait dénoncé l’absence d’un radar de précision à la station de Vacoas. Le Me Domah avait expliqué que le radar défectueux n’avait pas été remplacé à cause de son prix trop élevé.

Le chef du gouvernement, quant à lui, a mentionné que le radar est inutilisable depuis 2002, au temps où l’alliance MMM-MSM était au pouvoir. «Je ne fais que citer les faits», devait-il déclarer

A partir de ce moment les choses s’envenimeront entre les membres des deux côtés de l’hémicycle.

Navin Ramgoolam affirme alors que même si le gouvernement avait débloqué les fonds pour l’achat des équipements météorologique de Vacoas, cela n’aurait pas aidé, «pour ce qui est des événements de samedi.»

«Zot inn gagne enn bout lezo», lâche le président du Parti travailliste en direction des bancs de l’opposition.

La réplique est cinglante: «assassin, assassin», entend-on en direction des bancs de l’opposition. Le tout dans un brouhaha infernal où chacun essaye de crier plus fort que l’autre. Le speaker arrive tant bien que mal à ramener un semblant d’ordre alors qu’Alan Ganoo passe à la partie de la PNQ concernant la police.

Le leader de l’opposition a interpellé le Premier ministre sur les mesures prises par les autorités le jour du drame qui a fait onze victimes. Il a d’abord questionné les mesures prises par la police dans la journée du samedi 30 mars. Le Premier ministre a expliqué dans les moindres détails les différents déploiements des forces de l’ordre au Caudan, à Camp-Chapelon et à Canal Dayot.

Alan Ganoo lui a déclaré avoir entendu des appels de secours lancés sur les ondes des radios privées où les gens affirmaient que la police était absente sur le terrain.

«La police ne peut être tenue responsable pour les flash floods», a répliqué Navin Ramgoolam.

Pris sous le feu des questions de l’opposition, le Premier ministre devait déclarer à un certain moment que le leader de l’opposition était «wise after the event».

«Ce n’est pas être wise after the event, le juge Domah nous avait dit ce qu’il faut faire, il y a quatre ans de cela. Vous avez failli dans vos responsabilités», répond Alan Ganoo.

S’agissant du Disaster Management Committee, Navin Ramgoolam a précisé que la réunion de crise a débuté à 15h39, à Vacoas sous la présidence du commissaire de police. L’explication, que l’opposition considère comme un retard fatal est, selon le Premier ministre, qu’il faut pouvoir trouver les membres pour les réunir.

Finalement, c’est quand le leader de l’opposition a parlé des travaux effectués à l’embouchure du ruisseau du Pouce que le Premier ministre a rappelé que des permis avaient été accordés 1992, alors que «sir Anerood Jugnauth était Premier ministre» pour que des travaux soient entrepris sur le ruisseau du pouce dans le centre-ville.

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