PNQ : vifs échanges entre opposition et gouvernement sur l’affaire Bangaleea

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La Private Notice Question (PNQ) axée sur l’affaire Hemant Bangaleea a enflammé les bancs de l’Assemblée. Il en est ressorti que plusieurs enquêtes ont été initiées sur l’agent politique du Parti travailliste (PTr), Hemant Bangaleea, sans qu’il ne soit inquiété jusqu’ici.

La tension est montée de plusieurs crans, ce mardi 20 novembre, à l’Assemblée nationale lors de la PNQ. Le leader de l’opposition a fait mouche en interpellant le Premier ministre sur les frasques d’un agent rouge de sa circonscription, Hemant Bangaleea. Les questions de Paul Bérenger et des autres membres de l’opposition ont poussé le chef du gouvernement à l’énervement à plusieurs reprises. Ce qui n’a pas laissé insensible les membres de la majorité. Patrick Assirvaden, Nita Deerpalsing et Shakeel Mohamed, entre autres, sont montés au créneau pour défendre leur leader.

Le ministre du Travail a même qualifié le leader de l’opposition de «menteur» alors que ce dernier insistait pour connaître les informations transmises aux autorités mauriciennes par la branche d’Interpol à Bern, en Suisse. Il était alors question du contrôle dont avait fait l’objet Hemant Bangaleea à Genève.

Quant aux frasques de l’agent du PTr, il ressort que plusieurs enquêtes ont été initiées à son sujet depuis 2006 et qu’aucune d’entre elles n’a abouti. Ces investigations concernaient principalement des transactions foncières et autres transferts d’argent.

Le Premier ministre a également indiqué que sept applications pour des baux sur des terres de l’Etat ont été soumises au ministère des Terres et du Logement depuis l’an 2000 mais qu’aucune d’entre elles n’a été considérée.

Toutefois, le Premier ministre a indiqué qu’en février 2008 un paiement a été effectué à la caisse de ce ministère pour un montant total de Rs 625 000 pour un terrain de 12 arpents à La Cambuse au nom d’une compagnie représentée par Hemant Bangaleea. La lettre d’intention de l’Etat présentée à cet effet était fausse.

Cependant, sans donner la date exacte à laquelle cet élément a été versé au dossier à charge, Navin Ramgoolam a précisé que c’est une partie de l’enquête initiée après la déposition de Nikesh Ramdhary, le 15 novembre dernier.

«Soudainement, l’existence de ces faux documents a été découverte», s’est étonné le leader de l’opposition. En réponse, Navin Ramgoolam a insisté sur le fait que ce sont ses services qui ont réclamé l’ouverture d’enquêtes sur les activités d’Hemant Bangaleea, notamment auprès de la Commission anticorruption (ICAC).

A une autre question du leader de l’opposition, le chef du gouvernement a révélé que son agent au No. 5 (Pamplemousses/Triolet) a effectué 19 voyages à l’étranger depuis 2006. Le dernier date de la semaine dernière quand il s’est rendu à Mumbaï en Inde.

Il semblerait que ce sont les questions des députés du Mouvement socialiste militant (MSM) qui ont le plus troublé le Premier ministre. Mahen Jhugroo voulait savoir si le Premier ministre était au courant du fait que Nitesh Ramdhary a porté plainte contre Hemant Bangaleea.

Dans sa déposition Nitesh Ramdhary, qui affirmait être menacé par Hemant Bangaleea, aurait soutenu que celui-ci se disait « couvert par Navin Ramgoolam ».

Cette affirmation a mis le Premier ministre hors de lui sans qu’il ne nie l’information pour autant. Dans un terrible brouhaha, il s’évertua à préciser que c’est lui qui a demandé à ouvrir une enquête.

Pravind Jugnauth a pris ensuite le relai pour demander à Navin Ramgoolam s’il savait que son agent avait un compte à Singapour crédité de plusieurs centaines de millions de roupies. Encore une fois la réponse du Premier ministre, couverte par les vociférations de la majorité, était incompréhensible.

Le leader de l’opposition a bouclé sa PNQ en liant cette affaire à la mort suspecte de l’ex-agent de Navin Ramgoolam, empoisonné au cyanure, en 2003. Navin Ramgoolam a, cette fois-ci, accusé l’opposition d’avoir fermé cette enquête avant qu’elle n’aboutisse en rappelant que c’est lui qui l’a rouverte à son arrivée au pouvoir en 2005. Le leader de l’opposition a vite fait de souligner qu’en sept ans rien n’est ressorti de cette enquête à ce jour.

Les vifs échanges entre opposition et majorité se sont poursuivis même après que le speaker ait annoncé la fin de la PNQ.

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