PNQ : Ramgoolam rejette les accusations de vendetta politique dans l’affaire Boskalis

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Le Premier ministre affirme que personne ne peut l’accuser de se servir des enquêtes pour se venger politiquement. Répondant à la Private Notice Question (PNQ) sur l’affaire Boskalis, Navin Ramgoolam affirme que la justice hollandaise a mis du temps à se prononcer sur le transfert de documents.

Navin Ramgoolam est catégorique. Personne ne peut l’accuser d’avoir un agenda politique quant il s’agit des affaires de corruption ou d’autres cas où des poursuites ont été engagées contre ses adversaires politiques. Une affirmation faite en réponse à la PNQ de ce mardi 26 juin. Une PNQ que le leader de l’opposition avait choisi d’axer sur l’affaire d’allégations de pots-de-vin distribués dans le cadre de l’octroi à la compagnie néerlandaise Boskalis de contrats de dragage dans le port.

« Mon tract record comme Premier ministre et ministre de l’Intérieur indique clairement ma détermination inflexible de ne pas bloquer des actions initiées contre quiconque, y compris mes propres ministres, Secrétaires parlementaires privés (PPS) et des conseillers impliqués dans des affaires de corruption. De ce fait, aucune accusation de vendetta politique ne peut être portée contre moi », martèle Navin Ramgoolam.

C’est le leader de l’opposition, lui-même, qui a affirmé dans une déclaration à la presse qu’il était d’avis que la nouvelle enquête sur l’affaire Boskalis placée sous la responsabilité de la Central Criminal Investigation Department (CCID) relève d’une vendetta politique. Depuis, six suspects ont été arrêtés, dont l’ancien ministre du Parti travailliste (PTr) Sidick Chady, l’ancien conseiller spécial de Navin Ramgoolam, Gilbert Philippe, ainsi que Prakash Maunthrooa, proche du Mouvement socialiste militant (MSM).

Le dossier a, en effet, été confié au Central Criminal Investigation Department (CCID) il y a environ un mois. Depuis quelque temps, Sidick Chady a pris ses distances du PTr et Prakash Mauntrooa a fait un retour remarqué sur la scène politique en se présentant comme le Campaign Manager de sir Anerood Jugnauth à Piton/Rivière-du-Rempart. C’est précisément à ce moment que les enquêteurs du CCID se sont retrouvés en présence d’éléments nouveaux leur permettant de relancer les investigations.

Répondant aux questions supplémentaires du leader de l’opposition sur la supposée « vendetta politique », le Premier ministre a rappelé que c’est lui qui avait nommé son ancien camarade de parti, Sidick Chady, à la tête de la Mauritius Port Authority (MPA) et que c’est toujours lui qui avait demandé à ce dernier de se retirer en 2008 quand la Commission anti-corruption (ICAC) avait ouvert une première enquête.

Auparavant, le chef du gouvernement avait fourni une longue explication chronologique sur les raisons qui ont retardé l’enquête de l’ICAC. Il a soutenu que les autorités néerlandaises avaient pris beaucoup de temps pour se prononcer sur la demande d’informations de la commission.

Navin Ramgoolam a indiqué que dès le départ, la firme Boskalis avait contesté juridiquement la demande mauricienne. Il y a eu plusieurs objections et plusieurs appels qui ont été entendus avant que la justice hollandaise ne se prononce finalement en février de cette année après avoir entendu la demande en octobre de l’année dernière.

« Il a fallu attendre plus de trois ans pour avoir les informations requises », a soutenu le Premier ministre.

Il a ensuite expliqué que les informations reçues avaient davantage trait à des cas de complot, de blanchiment d’argent et d’autres infractions au Code pénal plutôt que des cas de corruption. Des délits qui ne sont pas couverts par la Prevention of Corruption Act (PoCA). C’est la raison pour laquelle l’ICAC a choisi, après consultations avec le Directeur des poursuites publiques (DPP), de transmettre le dossier à la Police.

Toujours à la demande de Paul Bérenger, le chef du gouvernement a indiqué que l’ICAC décidera, par la suite, si elle doit reprendre des poursuites pour corruption contre les suspects.

Par ailleurs, le Premier ministre a refusé de rendre publiques les correspondances entre l’ICAC et la police maintenant que ce ne serait pas approprié. Cependant, il s’est proposé de trouver les moyens de les montrer personnellement à Paul Bérenger.

« Tu as encore envie de koz koze ? » lui a alors demandé le leader de l’opposition.

Ce qui n’a manqué d’amuser Navin Ramgoolam qui n’a pas pu se retenir d’afficher un large sourire.

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