Permis à points : la police lance un appel d’offres pour le système informatique

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Les autorités semblent vouloir accélérer l’entrée en vigueur du permis à points.&nbsp L’appel d’offres pour la fourniture du logiciel&nbsp qui gérera le système a été lancé.

La Traffic Branch de la Police a lancé un appel d’offres pour l’achat de l’outil informatique qui sera appelé à gérer le système du permis à points. La date limite pour répondre à cet appel d’offres est le 3 mars prochain, soit dans deux semaines environ.

La célérité de l’exercice témoigne de la volonté réelle cette fois des autorités à introduire à Maurice le permis de conduire à points. Ce système est considéré comme une nécessité pour tenter de combattre le nombre grandissant d’accidents de la route, dont un bon nombre sont hélas mortels.

Le 17 novembre 2010, le conseiller spécial du Premier ministre en matière de sécurité routière, Ben Buntipilly, avait ressuscité sérieusement le concept du permis à points. «Diverses initiatives ont été tentées depuis de nombreuses années pour réduire le nombre d’accidents et discipliner les conducteurs mauriciens», avait-il dit.

Rien n’avait marché, avait concédé Ben Buntipilly, et «il n’y avait pas d’autres solutions» que l’introduction du permis à points, avait-il indiqué, lors du lancement d’une énième campagne sur la sécurité routière. Avec le lancement des appels d’offres pour le système informatique, il semble que la police souhaite vraiment concrétiser cette option.

Cette idée qui date d’une quinzaine d’années au moins avait été émise de façon concrète dans un rapport complet préparé par la National Transport Authority (NTA). Puis il avait été enterré pendant de nombreuses années.

Ensuite, le permis à point a été brandi comme une menace de temps en temps, à chaque accident grave, comme un épouvantail pour faire peur aux conducteurs et, d’autre part, pour rassurer les usagers de la route et l’opinion publique.

Ceux qui ont travaillé sur ce dossier expliquent qu’une des blocages a longtemps été la guéguerre entre la police et la NTA pour ce qui est de l’administration du système. Etant le concepteur d’une version locale du système, la NTA ne voulait pas lâcher le morceau.

Un autre important blocage a été la crainte des lobbies. Il y a, d’une part, celui des chauffeurs de taxi qui verraient d’un mauvais œil un système qui risque de leur faire perdre leur gagne-pain si leur permis leur était retiré. D’autre part, les chauffeurs professionnels – autobus, camions, vans d’écoliers, chauffeurs particuliers – aussi ont de quoi nourrir des craintes pour les mêmes raisons.

A l’époque, le rapport initial prévoyait déjà un système de comptage de points légèrement différents et moins sévère pour les chauffeurs professionnels et les taxis. Ou alors une alternative avait été envisagée pour leur permettre de récupérer leur permis de conduire plus rapidement.

Il semble que les mêmes questions ne manqueront pas de resurgir maintenant si la police se décide à appliquer le permis à points. Les « taxis marrons » ou « taxi malheré » ne manqueront pas de se mêler au concert de protestations...

L’inspecteur Ashok Muttur, de la Traffic Branch, qui s’est confié à lexpress.mu, affirme que l’entrée en vigueur du permis à points amènera définitivement une solution pour combattre le nombre ascendant d’accidents de la route. «Le fait qu’il risque de perdre son permis aura un impact sur la conscience du conducteur mauricien. Nous attendons les directives du gouvernement quant à l’introduction du permis à points et, par la suite, nous devrons définir un plan de travail pour voir comment procéder», a-t-il expliqué.

Tout en avouant que ce système risque de jouer en défaveur des chauffeurs de taxis et des poids lourds, qui prennent le volant tous les jours. Le projet de loi devrait d’ailleurs être évoqué à l’hémicycle, dès la grande rentrée parlementaire.

La formule du permis à points, laisse-t-on entendre, devrait être inspirée du modèle français. Celle-ci, ayant entré en vigueur en juillet 1992, a fait ses preuves en France, avec un nombre d’environ 400 morts et 6 000 blessés de moins, en trois ans.

D’autres pays tels que l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume uni, le Danemark, l’Australie et le Maroc ont également adopté le système du permis à points. Le nombre de points varie de chaque pays. Celui de l’Italie, par exemple s’élève à 20 points, pour l’Australie, 12 points, alors que pour le Maroc, le nombre s’élève jusqu’à 30 points.


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