Paul Bérenger-Pravind Jugnauth-Navin Ramgoolam: trois prétendants pour un fauteuil

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L’île Maurice pense déjà aux prochaines élections. Même si on ne connaît pas encore la date elles se tiendront, les spéculations vont bon train. Surtout sur les prétendants au poste de Premier ministre.

A ce jour, ils sont deux à postuler à cette fonction suprême. A savoir Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Mais Pravind Jugnauth n’a jamais caché ses intentions. Il faut donc le considérer dans l’équation. Même s’il semble définitif qu’il ne pourra aspirer aux fonctions de Premier ministre aux prochaines élections générales.

Pour cerner les atouts et les faiblesses de ces trois postulants, nous faisons intervenir trois professionnels, deux historiens-universitaires et un politologue.

Ce sont des questions se posent de nombreux Mauriciens. Qui projette le mieux l’image de rassembleur? Qui véhicule le mieux le concept d’unité nationale? Dans l’éventualité d’une lutte à trois, qui présente les meilleures chances.

Etre rassembleur?

A Maurice comme ailleurs, tous les leaders politiques tentent de rassembler. Mais ils n’y parviennent pas toujours. A ce chapitre, l’historien Sada Reddi estime que Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ont de meilleurs arguments que Pravind Jugnauth. «Les leaders du PTr et du MMM ont plus d’expérience», assure-t-il. Mais les deux connaissent quand même des difficultés, à ce chapitre. «Le discours parfois ambigu de Navin Ramgoolam, frôlant le sectarisme, et le fait que Paul Bérenger ne parvient toujours pas à s’imposer parmi certaines catégories d’électeurs leur posent problèmes», estime, en ce sens, l’historien Jocelyn Chan Low. Le dernier sondage qui révèle la popularité de l’actuel Premier ministre est déjà, pour le politologue Raj Mathur, un indicateur en soi.
Les trois analystes s’accordent à soutenir qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir à Pravind Jugnauth avant de pouvoir dégager le sentiment d’être un rassembleur. On cite, à cet effet, «son manque&nbsp d’expérience» ou encore «la façon dont il a remporté la partielle au No. 8.»

Et l’unité nationale?

Cependant, s’il y a un point sur lequel tous les prétendants mettent l’accent, c’est bien sur le thème de l’unité nationale. Les Mauriciens y croient. Donc, les politiques tiennent tous le même langage sur cette question. «Les Mauriciens croient en l’unité nationale et cela se traduit par une tolérance des autres cultures. On va vers une découverte des autres communautés même s’il y a des divergences dans les distributions de ressources», fait ainsi remarquer Jocelyn Chan Low.
En quoi les prochaines législatives seront différentes de celles de 2005 pour les leaders des trois partis traditionnels. Jocelyn Chan Low pense que c’est la première fois que l’opposition se présentera aux élections aussi divisée. Il y a d’autres donnes à prendre en compte. Dont le fait «surethnicisation» des débats du fait que Bérenger pourrait se présenter en tant que Premier ministre. Autre élément à tenir en compte, c’est la crise économique mondiale. A ce niveau, c’est l’actuel Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a le plus à craindre. Est-ce qu’il a été à la hauteur? Au de sa popularité actuelle, il n’a pas encore à s’en inquiéter jusqu’ici.
Mais les choses peuvent encore évoluer. «Beaucoup de facteurs peuvent changer… Beaucoup de choses peuvent évoluer», confirme, à cet effet, Sada Reddi. Pour Raj Mathur, «une grande catastrophe naturelle ou un enlisement dans la crise économique causera une chute dans la cote de popularité du Premier ministre».

Lutte à trois?

Ce scénario a déjà été évoqué. Une triangulaire qui opposera Paul Bérenger/Pravind Jugnauth/Navin Ramgoolam avec par extension l’affrontement MMM/MSM/PTr. Nos interlocuteurs demeurent unanimement sceptiques sur cette éventualité. «Le Parti Travailliste n’a pas besoin d’une nouvelle alliance pour gagner les élections mais il risque d’en avoir besoin s’il veut obtenir une majorité de trois-quart des sièges», fait remarquer Raj Mathur. Toutes les configurations sont donc, soutient Jocelyn Chan Low, encore possibles. «MSM surtout doit éviter une lutte à trois. Il en serait le grand perdant», explique-t-il.

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