Parlement : Unanimité autour de la fermeture du casino Ti-Vegas

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Les députés des deux bords étaient d’accord, hier, mardi 3 août, au Parlement, pour réclamer la fermeture du casino Ti-Vegas, qui opère dans le centre de Quatre-Bornes. Les débats sur cette maison de jeux auront permis, notamment à la députée Nita Deeraplsing, de critiquer sévèrement l’ex-ministre des Finances, Rama Sithanen.

Les membres de l’opposition et les backbenchers de la majorité étaient unanimes, en l’occurrence, Nita Deerpalsing et Suren Dayal, faisait suite à une question de la députée du N° 18 (Belle-Rose-Quatre-Bornes). L’élue de la majorité voulait savoir du ministre de Finances, si la Gambling Regulatory Authority envisageait de refuser de renouveler le permis d’opération - qui arrive à expiration le 23 septembre prochain - de Fun World Co Ltd, propriétaire de Ti-Vegas.

Dans un premier temps, Pravind Jugnauth informe la Chambre que les procédures établies par la loi seront suivies pour le renouvellement du permis de Fun World Co Ltd. Il ajoute, ensuite, que le non-renouvellement du permis ne peut être considéré que si la compagnie ne respectait pas les conditions qui y sont attachées, conformément au Gambling Regulatory Authority Act de 2007.

Avant de poser sa première question supplémentaire, la députée devait égratigner, dans une déclaration, l’ancien ministre des Finances, Rama Sithanen. «Dans le passé, nous avions un ministre des Finances qui accordait plus d’importance au pouvoir de l’argent qu’aux personnes», affirme Nita Deerpalsing.

Il demandera, par la suite, à l’actuel Grand Argentier, s’il est au courant qu’il y a suffisamment de raisons et de preuves d’infraction à la loi de la part de la compagnie concernée pour que le permis ne soit pas renouvelé. Dans la foulée, Nita Deerpalsing cite une série de correspondances de la police, objectant au renouvèlement de la licence de Fun World Co Ltd.

Ces correspondances ont été adressées aux responsables de la municipalité de Quatre-Bornes, de la Mauritius Revenue Authority (MRA) et de la Gambling Regulatory Authority (GRA) entre le 2 juillet et le 25 septembre 2009. Elles font état d’une dizaine d’affaires criminelles liées, selon la police, à la présence de ce casino dans le centre de la ville des fleurs.

«Les cas mentionnés plus haut sont une indication du fait que la continuité des opérations de Ti-Vegas est nuisible à la paix et l’ordre public», conclut le Commissaire de police dans sa lettre adressée au directeur de la MRA en date du 6 juillet 2009.

D’autre part, dans une nouvelle correspondance signée de l’Assistant Commissaire de Police Seerungen, la police signale au Chief Executive de la GRA qu’il ya eu un meurtre perpétré dans les alentours du casino aux petites heures du 1e janvier 2010. «Ces informations vous sont fournies pour vous aider à renforcer vos arguments pour la fermeture du casino», écrit plus loin l’ACP Seerungen.

Les membres de l’opposition devaient alors intervenir pour soutenir la demande de la députée Nita Deerpalsing. «Est-ce que le gouvernement a la volonté politique de fermer Ti-Vegas ?» demande le whip de l’opposition, Rajesh Bhagwan, au ministre des Finances.

Le ministre des Finances devait, une nouvelle fois, évoquer les dispositions de la loi ainsi que le High Powered Committee mis en place sous la présidence du Premier ministre pour éviter de prendre un engagement quelconque sur le sujet. «Letan sa la, li pou vinn gro Vegas», commente alors le leader de l’opposition.

Nita Deerpalsing exige alors que le ministre des Finances se prononce sur ce cas en particulier pour lequel elle estime qu’il y a urgence vu que le permis doit être renouvelé à la fin du mois prochain. Rajesh Bhagwan demande, également, un engagement ferme du ministre. «Ena mafia ladan», ajoute Nita Deerpalsing.

Pravind Jugnauth évoque une nouvelle fois la loi qui ne lui permet pas de prendre une telle décision personnellement. Suren Dayal rappelle alors au ministre qu’il existe une section de loi qui lui donne les pouvoirs nécessaires pour révoquer la licence.

«Je sais, effectivement, que mon ministère a été mis au courant des objections reçues. Mais la licence a été quand même renouvelé», répond le ministre des Finances. «Sithanen sa, Sithanen sa», devait-on entendre des deux côtés de la Chambre.

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