Parlement : Reza Uteem revient sur le contrat d’importation de carburants par Betamax

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Le contrat de Betamax à la State Trading Corporation (STC) pour le convoyage des produits pétroliers intéresse l’opposition. Ce contrat signé en 2009 lui donne l’exclusivité pour la livraison des produits pétroliers fournis par Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd (MRPL) pour une durée de quinze ans.

Le député du Mouvement militant mauricien (MMM), Reza Uteem revient à la charge sur le contrat controversable signé entre Betamax, une filiale de Betonix, avec la STC et interrogera le ministre du Commerce, Showkutally Soodhun.

Lors de la prochaine séance parlementaire, il cherchera à savoir ce que le ministre Soodhun compte faire des recommandations du rapport Badhain quant à l’utilisation de deux différents navires pour le transport de produits pétroliers afin de réduire les risques de contamination.

La proposition de Betamax comprend la construction du tanker à double coque. Le navire-citerne devrait être livré dans les semaines à venir. Entre-temps, Betamax honore son contrat en affrétant des tankers appartenant à son partenaire stratégique, Executive Ship Management Ltd.

Betamax convoie actuellement plusieurs types de produits pétroliers, notamment l’essence, le diesel, l’huile lourde et le carburant destiné à l’aviation, sur un même tanker. Il en fera de même une fois que son navire lui sera livré. C’est justement ce qui inquiète le député Reza Uteem. Le risque, dans ces conditions, de se retrouver avec des produits « contaminés » par altération, est extrêmement élevé.

C’est ce qui s’est d’ailleurs produit lors de la dernière livraison. Le 22 avril dernier, la STC prend livraison de 38 000 tonnes de produits pétroliers. Lors de l’exercice de vérification, 954 tonnes de Jet A1, le carburant pour avion, ont été jugées impropres à la consommation après avoir subi une légère altération. Le produit concerné a été en contact avec un autre produit ne répondant plus aux normes établies.
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Au moins trois autres incidents majeurs ont été enregistrés avant le mois dernier en ce qu’il s’agit de la contamination des produits pétroliers. C’est ce que révèle l’enquête menée par la compagnie de l’ancien directeur des investigations de Roshi Badhain, Insight Forensics Services Ltd.

Le premier incident date de février 2009 où la STC n’avait pu prendre livraison de 15 332 tonnes de d’huile lourde à cause de la présence d’un taux trop élevé de sédiments dans le produit. Les pertes encourues par la corporation furent de 1,6 million de dollars, soit l’équivalent de Rs 48 millions.

Un mois après, un nouveau problème de contamination de 10 762 tonnes de High Sulfur Fuel Oil (HSFO) a été à l’origine de Rs 6,9 millions de pertes pour la STC. Quatre mois plus tard, la corporation devait se retrouver avec une nouvelle cargaison contaminée. Cette fois-ci, il s’agissait de 15,945 tonnes de d’huile lourde occasionnant un déficit de 1,8 million de dollars, soit Rs 54 millions.

Pour les trois incidents sur lesquels Roshi Badhain a enquêté, la STC a accumulé des pertes de plus de Rs 100 millions. Aucune indication n’est disponible pour le moment sur le nombre exact de contaminations antérieures enregistrées au préjudice de la corporation.

La STC a adressé plusieurs réclamations à la MRPL ainsi qu’à la compagnie maritime qui avait affrété les tankers. Les deux entreprises ont jusqu’ici rejeté toute responsabilité dans les trois cas évoqués plus haut.&nbsp

A chaque fois que le ministre du Commerce, Showkutally Soodhun a été interrogé au Parlement à ce sujet, il a soutenu que les pertes encourues sont couvertes par une police d’assurance. Il l’a d’ailleurs répété mardi dernier alors qu’il était questionné par Reza Uteem.

Toutefois, le rapport Badhain est arrivé à la conclusion que « la STC n''''a pas effectué une évaluation appropriée des conditions générales de la police d’assurance qu’elle a contractée ».

« Il a été établi que le STC a en fait contracté une assurance qui ne couvre pas les risques spécifiques, y compris le risque de contamination. Ainsi, la New India Assurance (NIA) n’était pas disposée à répondre à aucune réclamation de la STC résultant du haut niveau de sédiments identifiés dans le produit fourni. La STC s’est retrouvée dans une situation où, bien qu''elle ait payé la prime convenu à la NIA pendant deux ans, ces dépenses n’ont pas couvert les risques que les produits pétroliers fournis soient de mauvaise qualité », ajoute ce rapport.

Résultat : la STC a dû encourir, seule, les pertes liées à la contamination. Est-ce que la STC a, depuis, changé sa police d’assurance ? Tout porte à croire que oui puisque le ministre de tutelle a indiqué au Parlement mardi dernier que la dernière cargaison contaminée, livrée le 22 avril dernier, était assurée.

Ce qui chiffonne l’opposition, c’est que le nouveau tanker de Betamax livrera à chaque voyage et en même temps 38 000 tonnes de white oil et 27 500 d’huile lourde comme le stipule son contrat. Ce qui augmente le risque de contamination.

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