Parlement : Pravind Jugnauth réclame le rejet de la dotation pour l’achat de MedPoint

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Pravind Jugnauth a présenté une motion secondée par le leader de l’opposition, pour la suppression de la dotation pour l’achat de la clinique MedPoint dans le budget supplémentaire. La motion a été rejetée par 36 voix contre 29.

La tension est montée d’un cran à l’Assemblée nationale lors de l’examen en comité de la dotation de Rs 144,7 millions pour l’acquisition par l’Etat de l’Etat de la clinique MedPoint. Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM) a présenté une motion et a insisté pour un décompte individuel des votes.

Le leader de l’opposition a soutenu cette motion en s’appuyant sur le fait que le parlement ne devait pas se prononcer sur aucune somme additionnelle puisque la clinique MedPoint a été financée en puisant des fonds prévus pour l’acquisition ou la construction de nouvelles infrastructures médicales.

Le ministre Xavier-Luc Duval a expliqué qu’il ne comprenait pas la position de l’ancien ministre des Finances puisqu’il avait lui-même approuvé le 23 décembre 2010 la réallocation des fonds pour l’achat d’un bâtiment devant abriter un hôpital gériatrique. Il a alors indiqué que le chèque a déjà été touché et qu’une partie de l’argent a été transférée à l’étranger.

« Si l’argent devait être remboursé, je serais d’accord pour enlever la provision comme le veut l’honorable Jugnauth », a-t-il lancé sous l’approbation bruyante des membres de la majorité.

Cette prise de position de l’opposition n’a pas manqué d’irriter le Premier ministre qui a volé au secours de son ministre des Finances en se rangeant dans le camp de ceux exigeant le remboursement de l’argent payé aux anciens propriétaires de la clinique MedPoint.

C’est sur l’insistance de Pravind Jugnauth que la motion a été soumise à un décompte individuel des votes. Rappelant la déclaration de Nita Deerpalsing à l’effet que « tout ce qui est légal n’est pas moral », il a invité la députée travailliste à voter en faveur de la motion.

Nita Deerpalsing a voté pour le&nbsp rejet de la motion au même titre que les 35 autres élus de la majorité, présents au sein de l’hémicycle. Le seul absent était Arvin Boolell qui est actuellement en mission à l’étranger.

De son côté l’opposition récolte 29 voix, avec l’absence de Jean Claude Barbier du Mouvement Militant Mauricien (MMM) et de Cehl Meeah du Front Solidarité musulman. Le député du l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) s’est abstenu.

La séance parlementaire de ce mardi 25 octobre a été essentiellement consacrée aux débats et à l’examen en comité de la Supplementary Appropriation Bill faisant provision pour les items dont les dotations budgétaires n’étaient pas suffisantes.

Déjà pendant les débats, le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM) avait surpris plus d’un en critiquant l’appropriation des Rs 144,7 millions qui ont servi à payer l’acquisition au prix surélevé de la clinique MedPoint.

En effet, lors de son intervention, Pravind Jugnauth, s’est élevé contre le fait que le parlement soit appelé à donner son approbation pour l’achat de la Clinique MedPoint. La raison serait que plusieurs enquêtes sont actuellement en cours, en l’occurrence celle de la Commission anticorruption (ICAC) et une autre indirectement liée menée par la Central Criminal Investigation Department (CCID). Il a aussi rappelé que plusieurs procès y relatifs ont été logées devant les tribunaux.

L’ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth,&nbsp est celui qui a personnellement signé le document autorisant le déboursement de la somme au profit des anciens propriétaires de la clinique, notamment sa sœur et son beau-frère, Shalini et Krishan Malhotra.

Par ailleurs, le leader du MSM a déclaré qu’il refusait tout simplement d’approuver des dépenses additionnelles de Rs 3 millions de l’ICAC pour l’année 2010. La commission qui déjà bénéficié d’une enveloppe de Rs 135 millions suite à l’adoption du Budget 2010 a requis des fonds supplémentaires de Rs 3 millions.

Pravind Jugnauth a réitéré ses critiques envers cette institution. Il affirme que l’ICAC a totalement échoué. « L’Icac est devenue un outil politique entre les mains du gouvernement », a-t-il dit. Le Speaker est alors intervenu pour demander à l’ancien membre de la majorité d’expliquer ses affirmations. Ces critiques qui ont suscité des vigoureuses protestations des bancs du gouvernement. « C’est parce que tu es en liberté conditionnelle », lui ont lancé ses anciens alliés.

Auparavant, le leader de l’opposition avait lui aussi vivement critiqué&nbsp l’ICAC et adopté une position identique à celle de Pravind Jugnauth. « Nous ne sommes pas du tout satisfait du travail de l’ICAC et nous n’allons pas approuver ces dépenses supplémentaires », a déclaré Paul Bérenger.

Ces dépenses additionnelles ont été présentées par le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Cader Sayed Hossen, a été le deuxième intervenant pour la majorité parlementaire. Les deux membres du gouvernement ont inscrit ces dépenses non-prévues dans le budget 2010 dans le cadre de la crise financière internationale et des réformes initiées par le gouvernement.

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