Onze morts dans un accident de la route : l’émotion toujours vive dans le pays

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L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances du terrible accident de la route à Saint-Julien d’Hotman et qui a fait 11 morts, le mercredi 12 janvier. Il semblerait que c’est le minibus qui est venu percuter le camion de Gamma Civic.

Vers 7h50, le matin du mercredi 12 janvier, un camion de Gamma Civic transportant des agrégats est entré en collision avec un minibus transportant des travailleurs bangladais. Onze des 15 occupants du minibus ont été tués sur le coup alors que les autres ont été grièvement blessés.&nbsp

Jean Bruno Tabani, le conducteur du camion et son aide chauffeur, Vishal Soomara, ont tous deux consigné leurs dépositions, dans l’après-midi du mercredi 12 janvier. Auparavant ils avaient été vus par les médecins de l’hôpital de Flacq. Il nous revient qu’ils ont été légèrement blessés, et que leur état de santé ne suscite aucune inquiétude. Ils doivent comparaître au tribunal de Flacq, ce jeudi 13 janvier.

Le chauffeur du poids-lourd, qui exerce ce métier depuis huit ans et qui connaît la route de Saint-Julien qu’il a emprunté des centaines de fois, a expliqué que c’est le minibus qui est venu heurter son camion. La collision frontale a été d’une rare violence. Sous le choc le minibus a été coupé en deux et le camion dont un pneu a crevé s’est renversé sur la chaussée.&nbsp C’est à quelques mètres de l’usine Prada Co Ltd, où sont employés les ouvriers bangladais, que l’accident s’est produit.

Selon les dernières informations, deux des quatre blessés ont été transférés à l’unité&nbsp des&nbsp soins intensifs de l’hôpital du Nord. Les deux autres sont hors de danger mais demeurent sous traitement à l’hôpital de Flacq.&nbsp

Cet accident qui a suscité une vive émotion dans le pays a mobilisé beaucoup de ressources. Outre les policiers, pompiers et médecins qui participaient aux opérations de secours, des ministres et d’autres hauts responsables de l’Etat&nbsp se sont aussi impliqués.

C’est ainsi que tôt le matin, Anil Baichoo, le ministre des Infrastructures publiques a été vu sur le lieu du drame. Plus tard le ministre du Travail, Shakeel Mohamed s’y est aussi rendu. De son côté, Maya Hanoomanjee, ministre de la Santé est allée à l’hôpital de Flacq pour se montrer solidaire du personnel médical.&nbsp Ben Buntipilly, conseiller du Premier ministre en matière de sécurité routière était aussi sur le terrain.&nbsp

« La raison de ma présence est, avant tout, d’assurer le bon déroulement des opérations. Cet accident nous concerne tous. Nous allons analyser comment a pu se produire le drame et nous travaillerons sur de nouvelles lois pour mettre un terme à de tels accidents », confie Ben Buntipilly.

D’autre part une cellule spéciale a été instituée au ministère des Affaires étrangères. Elle travaille en étroite collaboration avec le ministère du Travail qui a un droit de regard sur le recrutement&nbsp des travailleurs étrangers. Cette cellule est en communication avec les autorités du Bangla Desh pour faciliter le rapatriement des dépouilles, si tel est le souhait des familles des défunts.

Le ministre des Affaires étrangères suit de près le travail du comité. « On a mis sur pied une cellule spéciale de concert avec le ministère du Travail. Elle est présidée par le secrétaire aux Affaires étrangères.&nbsp J’attends un coup de fil de Moni Dipu, la ministre des Affaires étrangères du Bangladesh et on fera de notre mieux, une fois le consentement des parents et celui du gouvernement obtenu pour enclencher les procédures de rapatriement le plus tôt possible », nous a déclaré Arvin Boolell.

Le consul honoraire du Bangla Desh, Me Yusuf Mohamed, est aussi en contact avec les autorités bangladaises. Lui aussi s’occupe des démarches pour faire rapatrier les dépouilles des défunts. Il a déclaré qu’il fera tout pour que des indemnités soient versées aux familles des personnes décédées.

Ces ouvriers qui ont&nbsp péri dans l’accident laissent de bons souvenirs dans le quartier où ils&nbsp résidaient à Quartier-Militaire. Balraj Museliah, le propriétaire de la maison où ils logeaient est peiné par ces disparitions subites. « Ils étaient toujours là pour aider, que ce soit moi, notre famille ou les habitants de la région », fait-il ressortir.

A quelques kilomètres plus loin, le village de Melrose est dans une profonde tristesse. Med Allykhan Jahangeer, le chauffeur du minibus, mort dans l’accident, y était aimé et respecté. Il faisait partie du conseil de village.

&nbspMed Allykhan Jahangeer laisse derrière lui, son épouse, Nazra et ses trois fils, Ajmal, Arshaad et Anas, âgé de 11, 15 et 18 ans, respectivement. Med Jahangeer était employé à l’usine Prada Co Ltd, depuis décembre dernier.

Le benjamin de Med Jahangeer vient d’être admis en Forme 1 au collège, le lundi 10 janvier, alors que son aîné attend les résultats de la Higher School Certificate (HSC). Le cadet a entamé sa School Certificate, cette année.

Fazila, la sœur du défunt, est effondrée. C’est un chauffeur de taxi qui lui a appris la triste nouvelle, alors qu’elle se rendait sur son lieu de travail. « J’ai eu beaucoup de peine à avoir le transport en commun, ce matin. Je ne comprenais pas la raison de cet embouteillage monstre.&nbsp J’ai alors pris un taxi pour aller au travail à Bon Accueil. C’est le chauffeur qui m’a mise au courant d’un grave accident à St Julien d’Hotman. Une fois sur mon lieu de travail, j’ai reçu un appel de mes proches pour m’informer que mon frère avait péri dans cet accident », raconte Fazila, en sanglots.

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