Navin Ramgoolam en froid avec Pravind Jugnauth, les spéculations se multiplient

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Le Premier ministre n’a échangé qu’une froide poignée de main avec son ancien ministre des Finances lors de la réception donnée par le haut-commissaire de l’Inde. Ce dernier rentre à New Delhi le lundi 8 août. Les scénarios se multiplient quant à l’avenir du MSM au sein de l’Alliance gouvernementale.

Les relations entre Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth ne semblent pas se réchauffer. Dans la soirée d’hier jeudi 4 août, le chef du gouvernement n’a pas adressé la parole à son ex-ministre des Finances, lors de la réception donnée à l’Indira Gandhi Centre for Indian Culture (IGIC), à Phoenix pour dire au revoir au Haut-commissaire indien Madhusudan Ganapathi.
Navin Ramgoolam est arrivé à la réception peu après 18 heures. Entouré de ses gardes du corps, il s’est dirigé vers des visages connus. En l’occurrence, deux de ses ministres, Arvin Boolell et Vasant Bunwaree. Pravind Jugnauth, lui, a fait son entrée quelques minutes plus tard.

Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) s’est alors mis à lancer des coups d’œil vers son allié. Celui-ci regardait visiblement ailleurs, allant jusqu’à converser avec le secrétaire général du MSM, Nando Bodha. Ce n’est qu’au bout d’un quart d’heure que Pravind Jugnauth s’est décidé à faire le premier pas dans sa direction.

Les deux leaders politiques se sont salués. Mais l’échange a été froid et bref, ce qui n’a pas échappé à ceux présents. L’instant d’après, les deux hommes se sont même retrouvés dos à dos, le Premier ministre discutant avec le Speaker, Kailash Purryag, tandis que l’ex-ministre des Finances plaisantait avec son colistier Suren Dayal.

Autre fait marquant de la soirée : la distance entre le Président de la République et le Premier ministre. Pendant longtemps, chacun s’est retrouvé dans un coin de la salle.

Ce n’est qu’au moment où le haut-commissaire de l’Inde a tenu son discours que Navin Ramgoolam et sir Anerood Jugnauth se sont retrouvés presque côte à côte.

A la réception, les travaillistes présents y allaient de leur chapelet de commentaires sur l’avenir du MSM au sein de l’Alliance de l’Avenir. « Les carottes sont cuites », ont soufflé quelques-uns. Pour d’autres, le fait que Nando Bodha, tout sourire, ait retenu l’attention de Navin Ramgoolam laisse présager l’éventualité que ce dernier revienne à de meilleurs sentiments envers le parti Soleil.

Cependant, dans le cercle proche du Premier ministre, tout le monde s’accorde à dire que Navin Ramgoolam n’a pas apprécié la fronde de son ancien ministre des Finances et qu’il n’est pas prêt à lui pardonner.

D’abord, Pravind Jugnauth a demandé à l’ex-ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, d’attendre qu’il soit au pays pour soumettre sa démission après son inculpation par la Commission anti-corruption le vendredi 22 juillet. Ce qui n’a pas plu au Premier ministre qui avait demandé à Maya Hanoomanjee de démissionner ce jour-là.

Ensuite, arrivant de Genève le lundi 25 juillet, le leader du MSM a indiqué qu’il avait écourté sa mission, jugeant la situation « grave » dans le pays. Ce qui tranchait avec l’attitude de Navin Ramgoolam qui lui était resté à Londres.

Enfin, pour remuer le couteau dans la plaie, Pravind Jugnauth a décidé, le lendemain, d’abandonner son poste de ministre accompagné de quatre membres de son parti peu de temps après la démission de Maya Hanoomanjee.

Rentré au pays ce lundi 1er août, Navin Ramgoolam n’a rencontré Pravind Jugnauth qu’à la demande de celui-ci, dix heures après son arrivée. Les députés du MSM, n’ont pas été invités à la réunion d’explications, à Clarisse House, dans l’après-midi du mercredi 3 août.

Dans la perspective de s’assurer une majorité confortable, le Premier ministre multiplie les scénarios, selon son entourage. Il compterait sur le soutien de six élus MSM qui pourraient créer un nouveau parti.

Le Premier ministre ne semble pas vouloir prendre la responsabilité de la cassure gouvernementale. Il s’en tient à la déclaration de loyauté de Pravind Jugnauth à l’Alliance de l’Avenir. Toutefois, il ne rate pas les occasions de démontrer qu’il est en train d’indiquer la porte de sortie au leader du MSM, comme cela a été le cas à la réception donnée par le Haut-commissaire de l’Inde à Phoenix, le jeudi 4 août.

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Vel Moonien/Thierry Laurent

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