Navin Ramgoolam : « Je ne vois pas de vrai challenger en face de moi »

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Le chef du gouvernement a habilement esquivé plusieurs questions lors de son face-à-face avec les journalistes des radios. Il a déclaré&nbsp que c’est lui qui fixe l’agenda politique et affirme également ne pas avoir de challenger.

Pendant plus d’une heure et demie, le Premier ministre a répondu aux questions de quatre journalistes des trois radios privées de Maurice et de la station du service public (MBC). Navin Ramgoolam a voulu démontrer que c’est lui le maître du jeu politique.

A plusieurs questions d’actualité, comme par exemple la réforme électorale, les élections municipales ou le remaniement ministériel, le chef du gouvernement a trouvé une parade : «&nbsp c’est moi qui fixe l’agenda politique ». Ainsi grâce à cette pirouette, le Premier ministre a pu éviter de donner quelque indication sur des sujets d’intérêt national.

En revanche, Navin Ramgoolam a apporté des éclaircissements sur des questions d’ordre personnel. Il a ainsi précisé qu’il n’était pas dans son campement à Roches-Noires au moment où un vol y a été perpétré. Le Premier ministre affirme, toutefois, s’être rendu sur les lieux après que son locataire l’eut informé du vol de Rs 20 000. Il avance que c’est lui qui a conseillé à la victime de faire une déposition à la police.

Le chef du gouvernement a aussi tenu à réfuter la critique à l’effet qu’il ne rencontre pas ses ministres. Il les voit toutes les semaines, dit-il. « Si je ne rencontre pas mes ministres, avec qui je fais le conseil des ministres chaque vendredi », s’est-il écrié.&nbsp&nbsp
Il a aussi évité de répondre sur l’opportunité d’un débat entre lui et une personnalité de l’opposition en affirmant qu’il n’y a pas de vrai challenger en face de lui.

Abordant la question économique, le gouvernement va revoir à la baisse le taux de croissance prévu à 4,1 %. C’est ce qu’a fait comprendre le chef du gouvernement lors sa séance de questions-réponses avec les radios de l’île. Il fait ressortir qu’avec la crise dans la zone euro qui perdure, c’est clair qu’elle aura des effets sur Maurice. Aux questions des représentants des quatre radios, il défend l’image « effacé » que donnerait son ministre des Finances Xavier-Luc Duval quant à ces événements, expliquant que « chacun à son style ».

Interrogé quant à ses appréciations sur les différents Grands Argentiers qui l’ont servi, Navin Ramgoolam n’a pas voulu froisser qui que ce soit, indiquant que Rama Sithanen, Vasant Bunwaree et Rundheersing Bheenick ont été des « grands ministres des Finances ». Il a aussi répondu aux critiques de l’opposition quant à son nouveau programme gouvernemental, indiquant qu’il ne faut pas se contenter de faire une fixation sur les secteurs déjà en place mais qu’il faut créer d’autres piliers économiques, tel l’Etat Océan.&nbsp

Sur la situation économique de la compagnie nationale d’aviation le Premier ministre déclare que les nominations excédentaires ont été effectuées sous les gouvernements de sir Anerood Jugnauth. Il révèle également que le Sud-Africain André Viljoen a accepté d’être titularisé au poste de Chief Executive Officer d’Air Mauritius, poste qu’il a occupé à titre intérimaire depuis le départ de Manoj Udjodha.

Quant au plan de restructuration au sein de l’entreprise, il dément qu’il ait eu des nominations telles que révélées dans la presse. Il confirme qu’Air Mauritius est en quête d’un partenaire stratégique et que la compagnie est « overstaffed ».

Sur le volet du tourisme et du chômage, Navin Ramgoolam soutient que les chiffres étaient moins reluisants sous le gouvernement MSM/MMM. Tout en rappelant que 35 000 personnes ont perdu leur emploi sous le primeministership de sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger.

Questionné sur le projet Tianli, désormais connu comme JinFei, le chef du gouvernement assure que le président chinois Hu Jin Tao a personnellement suivi ce projet. Ce qui explique le changement de nom. Il soutient que l’aide d’Exxim Bank a été sollicité mais que c’est la crise économique au niveau mondial qui freine le projet. Il déclare néanmoins que le Chinois ont une date limite pour faire sortir la zone économique spéciale des terres.

Il reprend une ancienne déclaration de Paul Bérenger quant à « l’état d’urgence économique » et explique qu’il n’y a rien de tel dans le pays actuellement.

Réforme électorale : le PM déplore l’inaction du gouvernement MSM/MMM entre 2000 et 2005

Si l’opposition voulait réellement amender le système électoral, elle aurait dû le faire durant le période de 2000 à 2005 où elle était au pouvoir et avait une majorité confortable à l’Assemblée nationale. C’est en ces termes que le Premier ministre a répondu aux critiques de la nouvelle alliance Mouvement socialiste militant/Mouvement militant mauricien (MSM/MMM) lors des trente premières minutes de son face-à-face en direct avec les principales radios de l’île ce jeudi 19 avril.

Il déplore qu’un rapport a été commandité et que plusieurs sous-comités ont été mis sur pied pour entériner le premier document alors que la réforme avait été présentée comme une des priorités de cette alliance. Or, rien n’a été fait et il donne l’assurance que la réforme sera faite sous son mandat, et ce après un référendum, ainsi qu’à favoriser la « nation building ».

Pour Navin Ramgoolam, le fait qu’un Mauricien doit déclarer son appartenance ethnique pour se porter candidat aux élections législatives est dépassé. Il explique également que l’Etat n’a pas eu d’autres choix que de contester l’action de Rezistans ek Alternativ devant le Conseil privé de la Reine car « nous avons été élus sous le présent mécanisme ». Si aucuns frais légaux n’ont été réclamés au mouvement politique de gauche, dit-il, c’est parce que le gouvernement est d’accord avec son combat.&nbsp

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