Menaces contre la presse : Navin Ramgoolam évoque le droit de réponse aux critiques

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Une interpellation de Joe Lesjongard, ce mardi 17 mai à l’Assemblée nationale, a été l’occasion pour le Premier ministre d’invoquer son droit de réponse, au même titre que tout autre citoyen, face aux critiques de la presse.

Une fois n’est pas coutume, c’est sur un ton très sombre que Navin Ramgoolam a choisi de répondre aux critiques qui lui ont été adressées par des organisations internationales sur la liberté de la presse à Maurice. Il est même allé jusqu’à « admettre » le droit à la critique contre les médias.

Répondant à une interpellation du député de l’opposition, Joe Lesjongard sur les critiques contre lui, le chef du gouvernement a insisté sur le fait qu’il existe « une longue tradition de liberté et pluralisme » au sein de la presse mauricienne.

«C’est seulement le 1er mai qu’il n’y en a pas », lui lance alors le leader de l’opposition sur le ton de la boutade. Ce qui a fait rire le Premier ministre. « Certes, et je suis le premier à l’admettre, les médias ont le droit de critiquer mais ils doivent aussi réaliser et accepter le fait que ceux qui font l’objet des critiques ont également le droit de les réfuter de manière appropriée», soutient Navin Ramgoolam.

La question du député mauve portait sur la chute de Maurice dans le classement mondial dressé par deux organisations internationales. Il invitait le chef du gouvernement à se prononcer sur cette situation.

Les deux institutions internationales concernées sont Reporters sans Frontières (RSF) et la Freedom House, basée aux États-Unis, qui ont rétrogradé Maurice dans leur classement respectif consacré à la liberté de la presse. Il y a aussi le rapport du département d’État des États-Unis pour l’année 2010 qui a, également, été très critique envers les autorités mauriciennes.

Dans leurs commentaires, RSF et le département d’État américain ont déploré les arrestations de journalistes ainsi que les discours menaçants de Navin Ramgoolam envers la presse. Dans le cas de RSF, Navin Ramgoolam a rappelé que cette organisation avait, dans un rapport en 2008, écrit que « Maurice bénéficie d’une véritable liberté de la presse réelle avec des médias pluriels et multilingues. Les quotidiens et les hebdomadaires sont souvent critiques tant envers le gouvernement que l’opposition ... »

Plus loin dans sa réponse, le chef du gouvernement considère qu’il soit regrettable que l’opinion de RSF soit basée sur les dires « d’un journaliste uniquement et il paraîtrait que l’organisation n’a pas jugé nécessaire de vérifier les faits ou d’obtenir des commentaires de sources différentes avant de compiler son rapport ».

En ce qu’il s’agit du rapport de la Freedom House, le Premier ministre a expliqué que malgré une baisse dans la notation qu’accorde l’organisation à notre pays, la presse mauricienne reste dans le World Press Freedom Index préparé par cette organisation dans la catégorie des pays jouissant d’une presse libre.

Par ailleurs, Navin Ramgoolam a cité le rapport 2010 de l’Economist Intelligence Unit qui classe notre pays à la 24e place sur 165 pays en matière de liberté civile qui prend en compte la liberté de la presse. « Il est important de noter qu''''il y a seulement 26 pays de 165 qui ont été classifiés comme des full democracies et Maurice est l’un d''entre eux. Il faut aussi souligner que, sur le critère de liberté civile, EIU accorde à Maurice un score de 9.71 sur 10 », ajoute le Premier ministre.

Il a ensuite énuméré une série de faits qui lui font dire que la liberté de la presse est une réalité à Maurice. Entre quatre la prolifération des publications sur le marché dont le nombre est passé de 45 en 2005 à 67 en 2011, la liberté de tout un chacun de pratiquer le métier de journaliste, l’absence de censure, l’accès sans restriction du public aux médias.

«Ils (les journalistes ndlr) devraient comprendre que les citoyens de ce pays, y compris les politiciens, ont le droit d’exercer leur liberté d''expression autant que la presse ! », a conclu Navin Ramgoolam.

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