MedPoint : Transparency Mauritius invite l’Etat à soutenir l’Icac dans ses enquêtes

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C’est une façon élégante qu’a trouvé l’ONG pour rappeler aux dirigeants leurs vœux à lutter contre la corruption. Transparency Mauritius s’inquiète, toutefois, de l’issue de l’enquête sur l’achat de la clinique des Jugnauth par l’Etat et l’affaire Boskalis impliquant Siddick Chady.

Transparency Mauritius vient de donner une claque sonnante à l’Etat. A travers un communiqué émis ce mardi 8 mars, l’Organisation non gouvernementale (ONG) qui œuvre contre la corruption, lui demande instamment de soutenir la Commission anti-corruption dans ses enquêtes afin que cette dernière puisse venir avec des « résultats probants ».

Elle évoque ainsi l’affaire MedPoint, la clinique de la famille Jugnauth qui a été acquise par l’Etat à la fin de l’année dernière, au coût de Rs 144 millions et qui ne cesse de créer des vagues. De même que le cas Siddick Chady, l’ex-ministre du Parti Travailliste (PTr), parachuté dans le fauteuil de président de la Mauritius Ports Authority (MPA), soupçonné d’avoir touché un pot-de-vin de la firme néerlandaise Boskalis.

Transparency Mauritius lance une pique à l’hôtel du gouvernement, estimant que les personnes gravitant au sommet de l’Etat semblent intouchables. « Nous dénotons avec inquiétude que les enquêtes sur des cas de corruption impliquant des hauts gradés de l’Etat tardent à aboutir ou n’aboutissent pas », fait ressortir l’ONG.&nbsp

Elle souligne également que les Mauriciens s’attendent à ses résultats dans les enquêtes sur l’acquisition de la clinique MedPoint ainsi que l’affaire Boskalis. Et que malgré les grandes déclarations du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et du Président de la République, Sir Anerood Jugnauth, sur la corruption, « rien de concret » n’a « toujours été envisagé par le gouvernement ou par l’institution censée combattre ce fléau ».

Transparency Mauritius rappelle aux Mauriciens qu’ils peuvent se tourner vers elle pour une assistance juridique. Un numéro gratuit est d’ailleurs mis à sa disposition au 800 2555. « Nous avons le sentiment que les choses ne bougent pas beaucoup…&nbspNous savons&nbspqu’il y a des enquêtes mais&nbsprestons toujours dans l’attente de résultats concrets », a confié Jacques de Navacelle,&nbspacting Chairman&nbspde l’ONG à Radio One.

Dans l’affaire MedPoint, dès que l’acquisition a été faite, la Commission anti-corruption a ouvert une enquête. Mais elle peine toujours à réunir des preuves à l’effet qu’il y aurait eu connivence pour choisir cet établissement et pas un autre dans le cadre du projet de le convertir en hôpital gériatrique.

A ce jour, beaucoup de choses ont été dites sur cette transaction. Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, ayant même fait état qu’elle aurait été une des conditions dans l’accord électoral entre le Parti Travailliste (PTr) et le Mouvement socialiste militant (MSM).

Ce samedi 5 mars, Paul Bérenger est revenu à la charge, épargnant, cette fois, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et sa cousine par alliance, la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee. Il accuse le Premier ministre d’avoir donné le feu vert pour la procédure d’achat à cinq jours de la tenue des élections législatives.

Quant à l’affaire Boskalis, Siddick Chady a beau avoir été relaxé par la cour pour le temps pris par la Commission anti-corruption à loger une accusation formelle contre lui, cette dernière dit être toujours en attente de preuves, de la Hollande, pour le faire inculper de nouveau.


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