Mayotte : la majorité sortante en position inconfortable

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La majorité sortante est en position inconfortable à Mayotte après le premier tour des cantonales, dimanche.

A Mayotte, qui deviendra un département le 31 mars, la majorité dirigée par l’UMP ne semble pas tirer profit de l’évolution statutaire qu’elle a portée. Sur neuf cantons renouvelables, il y aura quatre triangulaires dimanche prochain, le seuil de qualification au second tour ayant été maintenu à 10% des inscrits.

Si le président sortant UMP Ahamed Attoumani Douchina est en passe d’être réélu, l’UMP a déjà perdu un canton et pourrait en perdre plusieurs autres.

Selon l’ancien président Saïd Omar Oili (Nema, opposition), les "forces progressistes" (cinq élus sur 19) "seront majoritaires" à l’issue du second tour. "Va-t-on pouvoir s’entendre sur une base politique bien claire ? C’est une autre paire de manches", a-t-il cependant déclaré à l’AFP. Par ailleurs, Ibrahim Aboubacar (PS), dont l’élection avait été invalidée, a été réélu.

L’avenir en jeu
Quel est l’enjeu de ces cantonales pour les jeunes mahorais ? Notre confrère du Journal de l’île de la Réunion leur donne la parole. "Pour nous, c’est important de voter, c’est notre avenir qui est en jeu", affirme&nbsp Oulidani Mahamoud, 21 ans, qui est venu avec d’autres jeunes Mahorais peser sur l’élection du conseiller de Koungou.&nbsp

A l’issue de ces cantonales, l’île au lagon, bout de France dans l’Océan indien, accèdera au statut de département d’Outre-mer, aboutissement du combat des anciens pour s’ancrer définitivement à la République et surtout fuir les Comores. Oulidani n’est pas peu fier d’avoir voté au référendum de 2009 sur la départementalisation mais, loin de la lutte symbolique de la génération précédente, il attend du concret : "Il faut un lycée à Koungou, on est la 2e capitale (après Mamoudzou, ndlr) et il n’y a qu’un collège ! Il va falloir aussi construire de nouvelles maisons, il n’y en a pas assez".

Détenteur d’un bac pro de technicien du bâtiment, il espère pouvoir y contribuer. Sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante de fin de saison des pluies, les jeunes attendent leur tour, sous le préau de l’école de Koungou-Plage, qui fait office de bureau de vote. Saïd Ali Souffou, 20 ans et tout juste sorti de 16 mois de stage de maçonnerie, plaide pour "plus de centres de formation" et il est venu donner sa voix "pas à un aveugle mais à quelqu’un qui pense à la jeunesse", dans un territoire où 54% de la population a moins de 20 ans et où le taux de chômage atteint les 26%.

Source : Le Journal de l’île de la Réunion, 21 mars 2011.


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