Mayotte-Comores : Le naufrage de trop ?

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Le changement de statut de Mayotte a attiré l''''attention des médias français et le dernier naufrage de kwassa est à l''origine de nombreuses réactions.

Si pendant de nombreuses années, les accidents de kwassa ont eu lieu dans le plus grand silence médiatique, au niveau national ( en France,Ndlr), ce n''est plus le cas aujourd''hui et le communiqué de l''AFP annonçant le naufrage de samedi dernier a été repris par une grande partie de la presse française, provoquant plusieurs réactions.

Le HCR (l''agence des Nations Unies pour les réfugiés) considère que «cette tragédie illustre à nouveau les dangers auxquels sont confrontées des personnes poussées à prendre des décisions désespérées pour échapper à la pauvreté, au conflit et à la persécution». «Comme en mer Méditerranée et dans le golfe d''Aden, les eaux entourant Mayotte sont le théâtre de traversées clandestines de migrants et réfugiés en quête d''une vie meilleure ou d''une protection contre la persécution et la guerre», a-t-il ajouté. Il constate malgré tout que « les demandeurs d''asile comptent pour une petite partie de ces mouvements et leur nombre n''a cessé d''augmenter ces deux dernières années ».

26 000 reconduites à la frontière

L''année dernière, quelque 1200 demandes d''asile ont été enregistrées à Mayotte, soit 41 % de plus qu''en 2010. Un chiffre qui est à mettre en perspective avec les 26 000 reconduites à la frontière qui ont été opérées sur la même période. La majeure partie des requérants sont originaires de l''Union des Comores (90 %). Pour le reste, il s''agit de ressortissants de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Rwanda et du Burundi. Le HCR souligne que l''ensemble des contrôles aux frontières, « y compris les départements et territoires français d''Outre-Mer », et autres mesures doit permettre d''identifier les personnes en quête d''une protection contre la persécution et le conflit et que ces personnes aient accès à la procédure pour évaluer leurs besoins.

De son côté la LDH (ligue des droits de l''homme) affirme que « le droit à Mayotte est dérogatoire et qu’on y applique une réglementation qui n’a rien à voir avec la loi commune » pour expliquer que « les personnes embarquées sur ce « kwassa » sont celles auxquelles un simple accès au droit a été refusé ». Elle dénonce également le nombre insuffisant « de personnels suffisamment qualifiés (...) pour traiter leur demande » et s''en prend au « mur de radars []qui] ne laisse de passages que dans les zones les plus dangereuses où viennent se disloquer les barques sans que rien ne change dans la politique et le droit, loin, si loin de la France ». La LDH s''est donc adressée au nouveau ministre des outremers, Victorin Lurel « pour qu’il entame une approche, par les droits, de la situation mahoraise ».

« Des homicides avec préméditation »&nbsp

Le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) demande au gouvernement « l''annulation du décret Balladur, l''arrêt de toutes les expulsions et de tout statut d''exception à Mayotte, la reconnaissance de l''intégrité territoriale des Comores permettant la libre circulation entre toutes les îles ».

A Mayotte, les Indignés exigent l''arrêt pur et simple du Visa Balladur (qui oblige les ressortissants comoriens à obtenir un visa pour entrer à Mayotte),&nbsp dénoncent l''Etat français qui « commandite depuis 17 ans, avec la complicité de l’Etat comorien,&nbsp des homicides avec préméditation ».&nbsp

Photo: Le 23 février 2011, une manifestation « pour le respect des droits » et en hommage aux naufragés avait regroupé plus de 1 000 personnes.
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Par Eric Trannois/Malango Actualité.

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