Mayotte / Comores : la coopération, oui mais...

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Alors que le président de l''''Union des Comores proposait un dialogue avec les Mahorais devant la 66ème session de l''assemblée générale des Nations Unies, le président du conseil général de Mayotte, Daniel Zaïdani, conditionne la coopération régionale à la reconnaissance du statut choisi par les Mahorais.&nbsp&nbsp&nbsp
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Le&nbsp président du conseil général&nbsp proteste contre le discours prononcé par le président de l''Union des Comores, Ikililou Dhoinine devant l''assemblée générale des Nations Unies, le 23 septembre. C''est la première fois qu''une telle réaction est observée du côté mahorais alors que chaque année, les différents chefs d''état qui se sont succédés à la tête de l''Union des Comores continuent d''en appeler à la communauté internationale afin de faire rentrer Mayotte « dans son giron naturel ». Jusqu''à maintenant les responsables politiques mahorais n''avaient aucune réaction à ce qui est devenu une intervention traditionnelle.

Discours plus pondéré

Le discours d''Ikililou était d''ailleurs cette année beaucoup plus pondéré que celui de nombre de ses prédécesseurs et la question de « l''île comorienne de Mayotte » n''est abordée qu''en fin de son intervention. Du côté de Moroni, les adversaires d''Ikililou n''ont d''ailleurs pas de mots assez durs pour qualifier ce qu''ils considèrent comme un ''''abandon'''' alors que d''autres observateurs saluent cette proposition de dialogue avec les « frères et soeurs mahorais ».

Daniel Zaïdani considère cette approche comme « la volonté affichée en faveur d’un retour à la discussion à travers le Groupe de Travail de Haut Niveau (GTHN) ». Ce dispositif, mis en place après la rencontre entre A.A. Sambi et N. Sarkozy en 2007, a été interrompu par le gouvernement comorien à l''annonce de l''organisation de la consultation de 2009 qui ouvrait la voie de la départementalisation de Mayotte.

&nbspLa France avait alors fait savoir qu''elle se tiendrait prête à réactiver le GTHN si l''Union des Comores en exprimait le désir. Mais Zaïdani pose ses conditions en réclamant en préalable « une reconnaissance officielle du statut de Mayotte par l’Etat fédéral et les autorités insulaires », expliquant que « toute coopération suppose une acceptation mutuelle des parties en présence ».

&nbspLa coopération régionale pour réduire l’immigration

La coopération régionale est l''outil préconisé par toutes les missions parlementaires qui se sont succédées à Mayotte pour tenter de réduire l''immigration. Lors de ses voeux pour l''année 2011, l''ancien préfet de Mayotte, Hubert Derache, avait souligné le manque de moyens dont il disposait au titre de la coopération régionale. « Il faudrait 10 fois plus que les 300 000 euros actuels », avait-il dit.

Le président du conseil général a semblé particulièrement irrité que le chef de l''état comorien reprenne à son compte une des dispositions contenue dans la résolution de l''ONU condamnant la présence française à Mayotte et qui précisait, en 1976, qu''elle considèrerait comme « nulle et non avenue » toute consultation qui pourrait être organisée ultérieurement à Mayotte. La départementalisation de Mayotte obtenue le « 3 avril 2011 « est un processus réclamé par la population mahoraise depuis 1958, bien avant l’indépendance de l’archipel des Comores » défend Zaïdani.

Le visa Balladur

De même, il récuse l''accusation portée par Ikililou contre le visa ''''Balladur'''' qui, selon lui, est responsable des naufrages entre Anjouan et Mayotte. Ces accidents de kwassas font entre 100 et 150 victimes chaque année. Selon Daniel Zaïdani, c''est la « faillite du système » due à « la mauvaise gestion qui frappe l’Etat comorien » qui pousse « les populations laissées pour compte » à venir à Mayotte « au péril de leur vie » et non l''instauration du visa par Edouard Balladur en 1994. Ce visa était une mesure réclamée par les élus mahorais depuis plusieurs années, face à l''augmentation de l''immigration en provenance des autres îles au début des années 1990 qui devenait par là ''''clandestine''''.

Enfin, Daniel Zaïdani exige « de tous nos partenaires un respect sans équivoque du choix des Mahoraises et Mahorais à demeurer dans la citoyenneté française et européenne, à travers un statut de département français d’Outre-mer et de Région Ultrapériphérique de l’Union Européenne ».

(Source : Malango Actualité)

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