Maurice s’engage dans la culture d’algues sur une base expérimentale

Avec le soutien de

Le Mauritius Research Council ainsi que les ministères de la Pêche et de l’Enseignement supérieur viennent de s’embarquer dans la culture d’algues marine sur une base expérimentale. L’idée étant de faire émerger une industrie qui, au niveau mondial, pèse 6 milliards de dollars.

« Les prises ne sont plus les mêmes. Quand il y a une nouvelle technique qui peut vous aider à mieux gagner votre pain, il faut l’expérimenter. Il n’y a pas d’âge pour apprendre, il faut savoir avancer dans la vie. » Le pêcheur Laurent Route, 84 ans, s’attelle à trier des goémons ce jeudi 10 novembre à l’Albion Fisheries Research Centre.

Avec d’autres personnes et des entreprises engagées dans l’agro-industrie, telles que Food and Allied et Médine, entre autres, il s’est porté volontaire pour participer à une formation visant à développer la culture d’algues à Maurice.
Ce jour-là, des techniciens du Mauritius Research Council (MRC), des ministères de la Pêche et de l’Enseignement supérieur étaient à pied d’œuvre pour procéder à la cérémonie de lancement de la culture des algues sur une base expérimentale. Ce, sur une durée d’un an.

Présents, les ministres de tutelle, Nicolas Von Mally et Rajesh Jeetah, n’ont pas manqué d’énumérer les avantages que peuvent tirer les pêcheurs de cette technique : elle ne nécessite pas de gros investissements, rapporte de l’argent et attire les poissons par la même occasion.

Le Dr Arjoon Suddhoo, directeur du MRC et cheville ouvrière de ce projet, ne passe pas par quatre chemins pour faire la comparaison entre la culture de la canne et celle des algues. Dans le premier cas, sur un arpent, le planteur ne récolte que Rs 25 000 alors que dans le second, le cultivateur peut prétendre à un pactole de Rs 75 000, les algues étant recherchées dans la préparation de certains mets, de médicaments, de produits cosmétiques et de carburant bio.

La formation, sous la houlette d’une spécialiste tanzanienne, la Dr Flower Msuya, a débuté le lundi 7 novembre et devra se terminer aujourd’hui, vendredi 11 novembre. Elle doit se poursuivre du lundi 14 au vendredi 18 novembre à Rodrigues. Sur place, ce sont surtout les femmes engagées dans la pêche d’ourites qui sont ciblées. Ce qui fait qu’une ferme sera mise pied dans les deux îles.

L’algue locale, de la variété « gracillarye », est censée être l’une des meilleures au monde et elle pousse vite, avance le Dr Sudhoo. « Loin de nous l’idée de tirer profit du malheur des autres mais si nous avions développé cette culture, nous aurions pu exporter les algues vers le Japon. Ils en cultivent eux-aussi mais avec des taux de radiation notées ici et là, ils ne peuvent consommer leurs produits », indique-t-il.

Maurice, confie le Pr Soodursun Jugessur, président du MRC, a sollicité l’aide de plusieurs pays pour l’aider dans cette avenue. Seule la Tanzanie a répondu à son appel en déléguant la Dr Msuya. Celle-ci souligne que ce secteur rapporte beaucoup aux pêcheurs de son pays et du Zanzibar et quelques mètres de fil en nylon, les tuyaux en pvc, voire des bambous peuvent faire l’affaire.

L’essor d’une telle culture ne pourra qu’être bénéfique au pays, cette industrie pesant 6 milliards de dollars. D’autant que Maurice se cherche un nouveau créneau chaque nouvelle décennie.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires